XXI. — Aventures de Saladin y^acontées par un prisonnier
Au portrait peu flatté de l'évêque de Beauvais en succède un autre qui l'est beaucoup trop, celui de Saladin transfiguré par l'imagination populaire, et dont Jean de Brienne se fait raconter les aventures par un prisonnier sarrasin (§ 196 et 197). Le Ménestrel de Reims n'est peut-être pas le seul qui ait rapporté que Saladin fit promener son suaire par les villes, comme l'unique bien qu'il dût emporter en mourant (§ 198). Saladin lui-même n'est pas le seul à qui on ait attribué cette pensée. Mon savant confrère, M. de Slane, ne connaît aucune circonstance qui ait pu donner lieu à la fausse tradition d'une visite que Saladin aurait faite, déguisé en pèlerin, aux Hospitaliers d'Acre (§ 199 à 208). Les chroniqueurs arabes ne disent rien non plus du supplice qui aurait été infligé au commandant de Césarée, en punition de son avarice^; ils ne parlent pas davantage de la