‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 58 sur 175 · XL. — Louis IX rement d'outre-mer · texte numérisé non relu

XL. — Louis IX rement d'outre-mer

Louis IX n'a pas débarqué à Aiguës Mortes, mais à Hyères (§ 430). La résistance du seigneur d'Enghien est un fait certain (§ 431) ; mais il n'est pas vrai que Louis IX ait voulu prendre ce seigneur sous sa protection (§ 432); il exigea au contraire qu'il fît sa soumission avant que Charles d'Anjou renonçât au comté de Hainaut. Jean d'Avesnes n'est pas mort brouillé avec sa mère (§ 433), mais réconcilié avec elle et réintégré dans ses droits par le traité du 24 septembre 1256, que Louis IX fit accepter par les parties intéressées. Les dépens de Charles d'Anjou furent taxés à cent soixante mille livres tournois, remboursables en dix ans (§ 435).

XLI . — Révolte des gens de Namur contre l'impératrice de Constantinople.

Baudouin II, empereur de Constantinople, était à Lyon en 1245 pendant le concile ; mais c'est à un voyage précédent, en 1237, qu'il avait hypothéqué le comté de Namur à saint Louis comme garantie d'un prêt de cinquante mille livres et non de vingt miUe (§ 437 à 439). Quant au voyage

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de l'impératrice (§ 439 à 440), il eut pour objet de résister aux prétentions que Jean d'Avênes éleva en 1248 sur le comté de Namur, et elle n'eut pas besoin d'attendre la mort de la reine Blanche (§ 442) pour prendre possession d'un comté qui n'avait pas cessé d'appartenir à son mari. Les troubles qui éclatèrent à Namur paraissent avoir eu pour cause la perception des impôts, plutôt que les désordres des jeunes gens de la ville (§ 442 et 443). Le meurtre du bailli est attesté par d'autres témoignages (§ 444).

XLIL — Namur se donne au comte de Luxembourg.

Si l'on admet comme réelle la démarche tentée par les bourgeois de Namur auprès de Louis IK pour obtenir sa protection (§ 446 et 447) , il faut supposer qu'elle a précédé de bien peu de temps leur entente secrète avec Henri de Luxembourg, à qui ils li\Tèrent l'entrée de leur ville le 24 décembre 1256 (§ 448 et 449). Assiégé en 1258 parles alliés de l'impératrice (§ 450 et 451). il put après leur départ (§ 451 et 452) s'emparer du château de Namur qui lui avait résisté plus de deux ans (§ 449, et 453 à 455). Si le Ménestrel de Reims considérait Henri de Luxembourg comme possesseur définitif de ce comté (§ 455), c'est parce qu'il écrivait avant la cession amiable qui en fut faite à Gui de Dampierre en mars 1265.

XLIII. — De la paix faite par Louis IX avec le roi d' Angleterre et de la mort de son fils.

Je ne vois pas d'erreur à signaler en ce qui concerne la paix conclue entre Louis IX et le roi d'Angleterre ; mais ce qui choque même la vraisemblance, c'est de supposer qu'Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, ait pu essayer de consoler Louis IX de la mort de son fils en lui récitant l'apologue de la mésange et du paysan (§ 461 à 465). En

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introduisant un pareil hors-d'œuvre dans son récit, le Ménestrel n'avait pas même l'excuse de séduire ses auditeurs par une nouveauté : M. Victor Le Clerc a fait observer avec raison que cette fable est empruntée à Pierre Alphonse ou à l'ancien roman chrétien de Barlaam et Josaphat^

XLIV. — Comment l'archevêque de Reims perdit la garde de Saint Rémi.

Deux erreurs sont à signaler dans ce dernier récit. D'abord la charte de l'archevêque de Reims (§473) est inexactement traduite ou rapportée, en ce sens que dans l'acte original, les droits du roi, au lieu d'être reconnus, sont simplement réservés jusqu'à plus ample informé. En second lieu, le Ménestrel n'était pas autorisé à présenter ce procès comme terminé (§ 479) ; il est au contraire certain que les débats se sont prolongés après la mort de Thomas de Baumetz, arrivée en février 1263 ; mais de ce que ce prélat est mentionné comme un personnage vivant (§ 467), on doit conclure que le Ménestrel de Reims ne lui a pas survécu, en sorte qu'il n'a pu connaître les derniers incidents de cette longue procédure. On peut croire aussi qu'il avait l'intention de continuer ses récits, qui s'interrompent ici brusquement, et qui manquent de leur conclusion naturelle.

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