ÉPISODES DU SIÈGE D'ANVERS
LETTRES A LA REINE (novehbre-décembre 1832)
LA REINE VARIE-AMÉLIE ( W I NTEH H A LTE R )
AVANT-PROPOS
(Jiiaml la Belgirjue <nit proclanic' son imlt-pendanco, le gouvernement (lu roi Louis-Philippe comprit tout l'avantage que la France pouvait tirer de cette révolution. Il s'empressa de reconnaître le gouvernement provisoire de Bruxelles et envoya le prince de Talleyrand à Londres avec mission de le représenter dans la conférence internationale qui s'y réunissait pour examiner le nouvel état de choses.
L'Angleterre entra dans les vues de la France ; le danger d'une coalition fut conjuré, un armistice imposé aux belligérants et l'indépendance belge proclamée. Au mois do juin 18.31, le prince Léopold de Saxe-Cobourg était élu roi par le congrès de Bruxelles.
Peu après la iloUande rompait l'armistice et envahissait la Belgique. La France envoya un corps d'occupation devant lequel les Hollandais se replièrent sans que nous eussions à tirer un seul coup de canon.
Mais l'année suivante, quand le terme fixé par la conférence de Londres pour l'évacuation totale des places fortes que le roi des Pays-Bas détenait encore fut expiré, l'armée française rentra une seconde fois en Belgique sous les ordres du maréchal Gérard.
Nos troupes arrivèrent le 19 novembre 1832 sous les murs d'Anvers et entreprirent le siège de la citadelle commandée par le général Chassé.
CIXQ liCKKS DU M4TIN (CROQUIS u'tlll SCHirrER).
PREMIÈRE MIT DE TUAiNCHÉE
Bra$$chaet, le i" décembre i83i.
L'intention du maréchal Gérard étant de tâcher, autant (jue possible, d'ouvrir la tranchée sans que le général Chassé s'en aperçût et de ne faire la sommation que le lendemain au point du jour, il résolut de tenir le moment du commencement des travaux aussi secret que possible. Peut-être même poussa-t-il cette intention louable trop loin, puisque ni le général Duprez, qui devait donner aux troupes belges l'ordre de se retirer, ni même le
général Neigre, qui commandait notre artillerie, n'en savaient rien : ce qui donna lieu, comme vous le verrez dans la suite de mon récit, à des scènes bien désagréables. — Puisse l'irritation causée à plusieurs des chefs de l'armée par le manque de confiance que le maréchal Gérard leur a témoigné, ne pas coûter la vie à bien des braves qui périront victimes du peu de zèle que plusieurs généraux apporteront dans leur service tant que leur susceptibilité continuera d'être blessée!
Quoi qu'il en soit, à quatre heures du soir, le 27 novembre, le maréchal Gérard, le général Haxo et le général Saint-Cyr* savaient seuls que la tranchée devait être ouverte le soir même devant la citadelle. A neuf heures, le maréchal donna l'ordre aux chefs de service. Pour moi qui, en vertu de l'article 167 du règlement de service des troupes en campagne, avais demandé et obtenu de monter la première garde de tranchée ^ je reçus à quatre heures, à Brasschaet, l'ordre d'être à neuf heures à Berchem. Aussitôt j'embrassai le pauvre Tan^ qui se désolait de ne