Le 12 septembre
INTRODUCTION. XIX
préparée par un des fils du roi Louis-Piiilippe, le duc d'Auraale'.
La morl inlerrorapit une carrière si brillamment commencée, au moment où le duc d'Orléans allait se rendre au camp de Sainl- Omer, le 13 juillet 1842!
Non seulement on ne trouvera pas ici tous les papiers qui se rapportent aux divers travaux dont nous venons de parler et à la vie militaire de notre père, mais nous ne publions même pas tous ceux qui ont trait à l'Algérie, beaucoup n'ont plus d'intérêt, d'autres sont perdus comme par exemple toute la correspondance avec ses frères, pillée en 18i8,
Le volume qui parait aujourd'hui comprend la réimpression de trois parties distinctes : Anvers, Mascara, les Porles de Fer.
Lors de l'expédition d'Anvers, le duc d'Orléans élait encore jeune ; il voyail pour la première fois les opérations de la guerre et il en notait tous les incidents dans quelques lettres adressées à sa mère, la reine Marie-Amélie.
L'expédition de Mascara se fil en 1835; le maréchal Clauzel la dirigeait ; le duc d'Orléans servait sous ses ordres et tous les soirs il écrivait, pour sa famille, un journal d'aufant plus intéressant qu'il est plus intime et qu'il montre mieux ce qu'était à celle époque la vie do campagne en .Vfriquc.
L'expédition des Portes de Fer date de 1839 : le maréchal Valée était alors gouverneur général ; il se rendit avec le Prince Royal à Conslanline cl tenta ce que l'on croyait impossible, le retour à Alger par terre. Il faut se reporter à celle époque pour se faire une idée de ce qu'était une pareille entreprise et de l'en- Ihousiasme que souleva sa réussite. Un récit en fut déjà fait par Charles Nodier' qui le rédigea, après 1842, sur les notes du duc d'Orléans : aujourd'hui nous publions le journal môme de
^. Commandant le 7" corps d'armée à Besançon (1873-1879).
2. Cet ouvrage, illustré de charmantes gravures, tiré à un petit nombre d'exemplaires, n'est entré dans le commerce que par la mort des personnes qui l'avaient reçu.
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noire père, journal manuscrit écrit tous les soirs, comme celui de Mascara, écrit pour notre mère et pour toute la famille. Seulement, depuis 1835, le temps a marché ; le duc d'Orléans est à la tête de la division et on sent percer entre les lignes les difficultés de la responsabilité, la satisfaction de l'œuvre accomplie, le sentiment sérieux du commandement.
Désireux de faire partager à notre génération et aux plus jeunes le culte filial que nous gardons pour la mémoire de notre père, nous avons voulu leur faire mieux connaître les diverses faces de cette vie si courte et déjà si pleine !
Nous avons déjà rempli une partie de notre tâche; mais il nous a paru qu'il fallait la compléter par une édition illustrée des trois campagnes de notre père : nous la dédirions bien volontiers aux tout. jeunes.
Pour conserver à celte publication le caractère de l'époque à laquelle ces récits ont été écrits, nous avons dû, à notre regret, nous abstenir de demander la collaboration des artistes modernes qui ont fait faire tant de progrès à l'illustration actuelle. Nous n'avons voulu prendre que les matériaux du temps. Les gravures sont exécutées d'après Horace Vernet, Decamps, Dauzats, Delaroche, Ingres, Raffet, Eugène Lanii, ArySchefîer, VVinterhalter,etc. Nous avons pu également tirer parti, en particulier pour le journal de l'expédition de Mascara, des dessins exécutés soit par les capitaines Genêt et Le Blanc, qui faisaient la campagne avec le duc d'Orléans, soit par MM. Ravoisié et Victor de Matharel. Enfin, dans un album que possède aujourd'hui le prince de Joinville, nous avons été assez heureux pour retrouver sept dessins originaux du duc d'Orléans, que nous avons fait reproduire et qui montreront que notre père maniait le crayon presque aussi bien que la plume, avec fermeté et esprit.
Le comte de Paris et moi nous remercions ici tous ceux qui nous ont facilité cette dernière tâche, soit en nous prêtant des originaux, soit en nous autorisant à des reproductions, et tout
-Ma
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parliculièrement nos éditeurs, MM. Calmann Lévy, ainsi que M. Clément Fallu de Lessert, qui nous a apporté son concours avec un zèle si éclairé.
Les pages qu'on va lire, qui n'avaient jamais été écrites pour être publiées, font assez voir quels mobiles ont dirigé toute la vie militaire de notre père : le sentiment de l'honneur et le respect du devoir. On y sentira, croyons-nous, le souflle d'une noble ambition, d'un ardent amour de la grandeur de la France, et tous ceux qui liront les adieux du duc d'Orléans et de sa division (Alger, 1839) comprendront qu'il fut justement fier décommander à de tels hommes, de servir une pareille patrie.