‹ Récits de campagne, publiés par ses fils le comte de Paris et le duc de ChartresChapitre 53 sur 67 · Nous passerons · texte numérisé non relu

Nous passerons

n'appréciera que plus tard, et dont les connaisseurs seuls comprendront la difficulté, en songeant que les expéditions de vingt lieues paraissent longues en Afrique et que si nous arrivons à Alger, nous en aurons fait une six fois plus grande.

Ha fait très beau encore aujourd'hui, et, l'entente étant conclue avec le maréchal, j'aurais voulu que nous partissions à midi; mais l'administration n'était pas prêle, non plus que les travaux du fort qui sont bien et que nous venons de terminer ou du moins d'ébaucher. .Mon temps se passe à organiser, dans l'ensemble et dans le détail, ma division le plus militairement possible, h tout prévoir, et j'espère avoir des troupes bien préparées à une grande et difficile opération. J'ai quelques excellents officiers, beaucoup de bons, et pas de mauvais ; les soldats sont au-dessus de tout éloge et vraiment j'admire ces hommes qui ont les vertus des anciens grognards sans leurs défauts et surtout ne méritent pas leur nom. Les chasseurs du i" et les zéphirs sont arrivés; c'est un bon petit renfort, et de la crème de troupe. Tout le monde croit que nous allons à Bougie ; mon état-major est assez détraqué; ils ont pour la plupart la nostalgie ; Baudrand est à peine on speaking terms^ avec le maréchal; ceux qui sont désœuvrés s'occupent de cancans; Gérard, Chabaud, Berlin et Munster vont à merveille. Tous les chefs arabes me font des visites et des présents. J'en lire quelques renseignements assez curieux sur l'état social du pays et surtout sur leurs généalogies, dont ils sont incroyablement fiers. — Le cours d'antiquités va toujours son train.

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