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liers du bey de Sebaou, dont plusieurs portent le burnous rouge et noir, cherchant toujours à le déborder par ses flancs, il n'avait imaginé rien de mieux que d'allonger toujours à droite et à gauche la ligne de ses tirailleurs, en sorte qu'avec un petit régiment de six cent cinquante hommes, il ne lui restait plus rien dans la main ; sa ligne était tellement longue qu'elle était devenue immaniable dans un terrain aussi tourmenté, et il était comme paralysé, ne pouvant ni avancer ni reculer. Il paraît du reste que, avant mon arrivée, lors de la sortie du camp, dont il n'était encore qu'à deux ou trois portées de fusil, un mouvement vigoureux de quelques compagnies avait fait éprouver de très fortes
pertes aux Arabes, obligés de défiler assez près — et à découvert — sous le feu. Mais ils avaient repris courage; leur nombre allait sans cesse augmentant, leurs cris se faisaient entendre de plus près, et Corbin n'avait trouvé d'autre remède que de s'exposer outre mesure.
Je pris le commandement et m'occupai aussitôt de donner du mouvement à cette masse inerte : 1° en restreignant la ligne des tirailleurs aux positions qui commandaient le reste du terrain, sans m'attacher à couvrir matériellement d'une ligne non interrompue des points dont la défense était évidemment subordonnée à l'occupation des crêtes ; 2° en augmentant les réserves et en rassemblant la colonne; 3° en me débarrassant le plus promptement possible de la cavalerie, qui n'était qu'un embarras et un miroir à coups de fusil; 4° en ne me mettant définitivement en retraite qu'après avoir donné aux Arabes une petite poussée qui ralentît leur ardeur et me permît de rejoindre promptement le convoi sans avoir l'air de fuir et surtout sans être inquiété.
Ces mouvements, bien compris par mes officiers et bien exécutés par les excellents capitaines du 17% eurent bientôt atteint le but. Quand j'eus couronné toutes les crêtes dominantes, ramassé tous les petits paquets et placé mes obusiers de manière à tirer sur le versant d'un mamelon d'où j'avais observé que les Arabes ne pouvaient descendre que par un seul chemin, je fis brusquement sonner la charge à deux compagnies du IT', qui grimpèrent au pas de course, conduits par les capitaines Bisson et Magagnosc. Pendant ce temps un mouvement analogue des carabiniers du capitaine Froidefond, placé à l'extrême gauche de ma colonne, permettait de tirer sur le revers du mamelon. Les Arabes débusqués se précipitent dans le chemin où deux
coups d'obusier achèvent de les mettre en désordre : celle charge franchement faite ne nous coûte que deux tués et six blessés. Pour achever l'affaire, je fais encore tirer une dizaine de minutes plus tard deux coups d'obusiers placés par Chabaud et Munster, et ma retraite commence en bon ordre, à peine inquiétée par quelques rares tirailleurs.
En général, je crois qu'il faut éviter avec les Arabes les combats mous, tâtonnes et les tirailleries traînantes. Il faut avoir une volonté bien décidée de marcher ou en avant ou en arrière, ne pas s'arrêter, ni rester sur place, beaucoup manœuvrer, tout faire vivement, attaques ou retraites. Avec ce système on économise le sang de ses troupes, on retrempe leur moral, et on fait éprouver à l'ennemi qu'on décourage des pertes plus considérables. Hier et aujouM'hui, je me suis bien trouvé d'en avoir agi ainsi, et les troupes m'ont témoigné qu'elles préféraient cette manière aux engagements lents et prolongés.
Ayant donné de l'air à ma colonne, je la remis en mouvement en retraite au travers du terrain le plus tourmenté, le plus difficile qu'il soit possible de voir. Les soldats avaient les jambes en sang, et étaient souvent obligés de s'aider de leurs mains pour monter ou pour descendre toutes les positions successives qu'il me fallait occuper. Pendant ce temps, le maréchal emmenait toute la colonne, qui était massée à .Vin-Sultan, et ne me laissait pour soutenir la retraite que mes six cent cinquante hommes «lu 17 , mes deux obusiers et un peloton de chasseurs qu'il plaça en position sur une hauteur pour soutenir ma droite : liather a short allowance\ Mais, dégoûtés par la poussée qu'ils avaient