CARLOMAN ET PÉPIN. — SAINT BONIFACE
monie eut lieu avec une grande pompe. C'est le plus ancien sacre dont il soit question dans notre histoire.
Pour Childéric III, dont on ne voit pas que personne ait songé à prendre la défense , on lui coupa les cheveux ; ce qui, dans les idées des Francs, le dégradait de la royauté. Ensuite on l'enferma dans le monastère de Sithieu ou de Saint-Bertin*. Il y mourut au bout de trois ans. Il avait un fils, qui fut aussi rasé et contraint d'embrasser la vie monastique.
Ainsi finit la première race de nos rois. Elle avait porté la couronne trois cent quatre ans , à partir de l'avènement de Mérovée, et deux cent soixante et onze, depuis le commencement du règne de Clovis.
temps de là, le pape, en lui donnant le titre de métropolitain, avait soumis à son aatorité toute la Germanie et une grande partie même de TOstrasie.
La mort de Boniface devait suivre de près Tavénement du prince qui avait voulu recevoir de sa main l'onction royale. Déjà parvenu à Tâge de soixante-douze ans, le courageux apôtre résolut de reprendre le cours de ses missions et de consacrer à la conversion des païens le peu qui lui restait de forces et de vie. Après avoir désigné lui-même son successeur et lui avoir laissé ses dernières i<istructions , il se dirigea vers la Frise, dont la plupart des habitants étaient encore idolâtres. Ses efforts ne firent point stériles, et, à sa voix, un assez grand nombre de Frisons demandèrent à recevoir le baptême. Mais un jour qu'il célébrait en rase campagne, au milieu de ses néophytes, les mystères de la religion, les païens se jetèrent sur la paisible assemblée, la dispersèrent et massacrèrent Boniface avec une partie des prêtres et des nouveaux convertis qui l'entouraient (755). Ainsi mourut l'un des plus grands hommes de ce siècle, l'un de ceux dont les travaux ont le plus contribué aux progrès de la civilisation européenne. Son corps fut transféré d'abord à Utrecht, puis à Fulde, dans le monastère qu'il avait fondé. C'est là qu'il repose aigourd'hui.
i. Le monastère de Sithieu, appelé ensuite Saint-Berlin, du nom de son second abbé, a donné naissance à l'importante ville de Saint-Omer.