Voy. ci-dessus, p. 33 (I" récit
2. Le costume des reines des Francs ne différait guère de celui des autres femmes de leur nation , si ce n'est sous le rapport de la richesse (voy. cé-dessous, p. 344, la description du costume des femmes franques).
naient le bas de ce manteau royal , ainsi que l'extrémité des manches de la tunique.
Les longues tuniques et la chlamyde étaient réservées pour les jours de grandes solennités. En temps ordinaire, à la guerre surtout, les princes mérovingiens s'en tenaient au vêtement national, bien plus simple et bien moins embarrassant.
Quant au diadème, il consistait le plus souvent en un cercle d'or, enrichi d'un ou de deux rangs de pierreries, et surmonté tantôt de trèfles, tantôt de petits fers de lances aux deux crochets recourbés, comme l'angon des anciens Francs*.
Le sceptre ou bâton de commandement figure aussi parmi les insignes de la royauté mérovingienne. C'était une verge ou baguette d'or, terminée à son extrémité supérieure par une figure d'aigle, un globe, un fer de lance, une feuille de trèfle, etc. Les princes de cette époque sont aussi représentés quelquefois sur les anciens monuments tenant à la main une palme, en guise de sceptre.
Mais l'ornement vraiment caractéristique des Mérovingiens, celui qui les distinguait des autres rois non moins que de leurs propres sujets, c'était leur longue chevelure. « Les rois francs , dit un historien grec du vi' siècle*, ont coutume de ne jamais couper leurs cheveux. Ils laissent ceux de derrière flotter avec grâce sur leurs épaules; quant à ceux de devant,
i . C'est probablement ce qui est devenu plus tard , par une transformation progressive , l&Jleur de lit.
2. Agathias. Il a écrit une histoire du règne de l'empereur d'Orient JutUnien.
ils les partagent sur le sommet de la tête et les rejettent à droite et à gauche. Le droit d'avoir une longue chevelure est regardé chez ce peuple comme une prérogative inhérente à la race royale. » De là vient qu'il suffisait de tondre un prince mérovingien pour le rendre inhabile à porter la couronne. On en a vu, dans les précédents récits , plusieurs exemples.
«rands officiers du malais.
On comptait, sous la première race, cinq grands officiers du palais. C'étaient : le maire et le comte du palais, le comte de l'étable, le référendaire et le camérier. La mairie du palais était une dignité d'origine germanique ; mais les quatre autres paraissent avoir été instituées sur le 'modèle des dignités semblables qui existaient à la cour impériale de Constantinople.
Nous avons dit ailleurs l'humble origine , puis les progrès si rapides de l'autorité des maires du palais. Pépin , fils de Charles Martel , fut le dernier qui exerça cette charge avec la plénitude des prérogatives dont elle était investie , vers la fin de la période mérovingienne. Devenu roi, il la supprima, du moins comme magistrature suprême; car il savait, par l'expérience de ses ancêtres et par la sienne , combien le pouvoir d'un maire était dangereux pour la royauté. Le titre fut conservé toutefois. En effet, on rencontre encore des maires du palais sous la seconde race. Mais alors ils n'apparaissent plus que comme des officiers subalternes, chargés uniquement de la gestion économi-
que de la maison du prince et exclus de toute participation aux affaires publiques du royaume. Us se trouvèrent ainsi ramenés au rôle modeste qu*avaient rempli leurs prédécesseurs, sous les premiers Mérovingiens.
Le comte du palais avait été institué pour aider le roi dans Tadininistration de la justice*. Il jugeait, en outre , les contestations qui s'élevaient entre les personnes que leurs emplois attachaient à la maison royale. La charge de comte du palais, subordonnée à celle du maire, à l'époque où celui-ci était le véritable chef de l'État, devait devenir, sous les Carlovingiens, l'une des principales dignités de la monarchie franque.
Le comte de l'étable ou des étables avait, comme son nom même l'indique, l'intendance générale des écuries du roi. Ses fonctions ressemblaient beaucoup à celles qui, dans la suite, furent le partage du grand écuyer. Il avait sous ses ordres divers officiers , parmi lesquels on distinguait les marécliaux^' dont la charge, alors assez obscure, devait acquérir plus tard autant d'importance que d'éclat. On voit quelquefois, dès la première race, le comte de l'étable exercer à la guerre des commandements importants*. Mais le temps est loin encore où, sous le titre de connétable de France^ il deviendra le premier officier de la couronne et comme le généralissime des forces militaires de la monarchie.