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Sous Tadministration de Carloman et de Pépin

n devait toutefois se maintenir longtemps encore. C'est seulement au xvi* siècle qu'il a été entièrement aboli. Le clergé occupait le premier rang dans la société mérovingienne *, où les évoques surtout acquéraient une influence de jour en jour plus grande. On se rappelle que, dans les derniers temps de la domination de Rome, ils étaient devenus les véritables chefs des cités. Il en fut de même sous les Mérovingiens : dans presque toutes les villes, leur autorité prima, ou, du moins, contrebalança celle du comte. En outre, ils entouraient et conseillaient les rois, et, depuis 615*, ils siégeaient à côté des leudes dans les assemblées de la nation. Ainsi, en même temps qu'ils avaient la direction des âmes, ils prenaient une part très-active au gouvernement des affaires publiques. Cette puissance tenait tout à la fois à leur caractère sacré, à leurs richesses, à ce rôle de protecteurs naturels des vaincus qu'ils remplissaient avec tant de courage, enfin à l'ascendant que leur donnait sur des esprits ignorants et grossiers une incontestable supériorité de lumières.

i . Voici comment était évaluée, d'après les lois salique et ripuaire, la vie

des ecclésiastiques , suivant le rang qu'ils occupaient dans la hiérarchie sacerdotale :

Pour le meurtre d'un évéque, on payait , à titre de composition ou

wehrgeld 900 sous d'or.

— d'un prêtre 600

— d'un diacre 500

— d'un sous-diacre 400

Ainsi, aux yeux de la loi barbare , et selon son bizarre et grossier tarif, le sous-diacre valait deux fois un simple honmie libre de race franque ; le diacre un peu plus encore et cinq fois autant qu'un Romain propriétaire ; le prêtre était l'égal d'un noble franc, et l'évoque était estimé un tiers de plus que le simple prêtre.

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