Ce mot sert à désigner les biens ecclésiastiques
4. N'oublions pas, au reste, que l'Église avait alors à sa charge les pauvres et les malades, ainsi que l'entretien et souvent même la construction des édifices consacrés au culte.
sans le consentement du chef du diocèse, être cité à comparaître devant un juge laïc. De plus , le clergé était en possession d'un droit précieux et sacré, dont il se montrait plus jaloiu que d'aucun autre , le droit d'asile. En vertu de ce droit, tout homme qui, pour échapper à la vengeance d'un ennemi ou d'un maître irrité, se réfugiait dans l'enceinte d'une basilique ou dans la maison épiscopale, se trouvait par là même placé sous la sauvegarde du prêtre ou de l'évêque , et nul n'eût essayé de s'emparer de lui de vive force, sans être aussitôt frappé d'anathème. L'Église ne demandait pas, pour celui qui avait invoqué son appui, l'impunité, s'il était coupable. Elle voulait seulement, par un sentiment d'humanité, qu'il n'eût plus à craindre pour sa vie et ses membres. C'est ainsi que le concile d'Orléans, tenu en ôll, avait solennellement défendu de livrer ceux qui venaient chercher un refuge au pied des autels, « avant qu'un serment prêté sur l'Évangile ne les. eût garantis de la mort, de la mutilation, de la torture. » Certes, dans ces temps barbares où les faibles et les pauvres n'avaient aucune protection à attendre des lois, c'était un grand bienfait qu'ils pussent trouver, à l'ombre du sanctuaire, un sûr abri contre l'injustice et la violence*. Mais déjà, vers la fin de la première race', il parut nécessaire d'apporter quelques restrictions à ce droit d'asile, qui commençait à donner lieu à de graves abus.
4 . Voy. ci-dessus (p. 164) l'exemple de Grégoire de Tours refusant de livrer à Chilpéric le jeune Mérovée, qui était venu chercher un asile dans la basilique de Saint- Martin.