I. 8 et suiv
l’interprétation mystique des Écritures, chacun individuellement adoptant ou rejetant suivant la trempe de son génie; mais en Orient, en Égypte surtout, ce choix ne se faisait pas sans discussion et sans combat.
Celle des propositions d’Origène qui avait soulevé le plus de discussions sur les bords du Nil concernait l’incorporéité de Dieu 1 2. Pur esprit, Dieu ne pouvait, suivant l’opinion d’Origène, avoir une forme; être des êtres, source delà vie dans le monde physique, du beau et duyrai dans le monde moral, il ne revêtait de figure déterminée que dans les circonstances contingentes où il voulait se manifester aux hommes. C’était là la vraie doctrine, celle de la philosophie et de la religion. Pour des intelligences habituées à l’interprétation littérale de l’Ancien Testament et qui ne concevaient rien au delà, le Dieu d’Origène manquait de personnalité. La Bible disait que Dieu forma l’homme à son image-, les livres saints parlaient fréquemment des yeux, des oreilles, des bras de Dieu, de sa colère, de son repentir: Dieu ressemblait donc à l’homme et avait un corps. Telle était la conclusion où était arrivée une secte de moines grossiers, auxquels les origénistes par mépris donnèrent le nom d'anlhropomorphiles , c’est-à-dire de gens ayant un Dieu à figure humaine*. Les anthropomorphites, au contraire, qualifiaient les origénistes iY athées. Athées et anthropomorphites se battaient dans
1. Mota fuerat paulo antea quæstio, utrum Deus corpus sit, et humana figura præditus; an incorporeus non solum ab humana, sed ab omni omnino corporea figura. Socr., vi, 7.