‹ Récits de l'histoire romaine au V. siècleChapitre 29 sur 108 · Apor férus ferundissimæ viti invidit. Ibid., p · texte numérisé non relu

Apor férus ferundissimæ viti invidit. Ibid., p

JEAN CHR YSOSTOMR

une bibliothèque rte livres sacrés et profanes, trésor et orgueil de ces bons moines, et aussi un morceau de la sainte eucharistie, que, suivant l’usage rte la primitive Église, ils gardaient chez eux pour la sanctification rte leur demeure ; de tout cela, il ne resta que des cendres*. L’histoire raconte que le patriarche, non content de participer par la vue à cette exécution sauvage, en avait lui-même donné le signal, et qu’il ne partit qu’a près avoir vu s’éteindre les dernières lueurs de l’incendie.

Les moines fugitifs, que les Longs-Frères parvinrent à réjoindre, se réunirent au nombre de trois cents, abbés, prêtres, diacres ou simples moines, dans un lieu reculé du désert* où ils eurent d’abord l’idée de s’éta-

blir ; mais, apprenant qu’une seconde expédition allait être dirigée contre eux, ils se décidèrent à fuir cette Égypte qui ne leur offrirait plus désormais ni paix ni trêve. Leur projet fut de se rendre en Syrie, hors de la juridiction de Théophile, et de là où Dieu les conduirait. Fixant leur rendez-vous à l’occident de la mer Rouge, sur les confins de la Palestine, ils se dispersèrent encore une fois, et chacun gagna comme il put le lieu de ralliement à travers la vallée du Nil. Pendant ce temps-là, un synode d’évêques complaisants, assemblé par Théophile dans Alexandrie, les condamnait

1. Cum autem cos non invenisset, corum cellulas sarmcntis incendit, combustis una libris omnibus veteris ac novi Testamenti, aliisque optimis codicibus et pucro uno, sicut oculati testes dixere, et sacra Eucharistie. Pallad., dial., p. 23.

2. Cum iis egressi sunt præter presbvteros et diaconos illius montis trecenti optimorum monachorum; alii vero per diverse loca dispersi sunt. Pallad., ut sup.

comme hérétiques et rebelles d’après une formule dictée par le patriarche lui-même et suivie de l’excommunication1. Quand ces infortunés atteignirent le lieu du rendez-vous, de trois cents qu’ils étaient partis, ils ne se retrouvèrent plus que quatre-vingts2*, le découragement, la misère, la fatigue, l’incertitude de l’avenir, avaient arrêté les autres dans leur route. Ceux qui restaient étaient pour la plupart de vieux confesseurs à l’épreuve des défaillances et de la douleur, quelquesuns même étaient octogénaires, et leurs corps, marqués des stigmates de la persécution arienne qu’ils avaient subie sous Valens3, témoignaient de leur saint courage. C’était là leur orgueil entre eux et leur titre devant le monde. Les uns étalaient sur leurs poitrines les cicatrices du fer et du feu, les autres l’empreinte des tenailles sur leurs membres, et ceux qui ne portaient pas ces traces glorieuses des combats de la foi portaient celles des austérités. Ayant tenu conseil, ils résolurent de se rendre d’abord à Jérusalem, où ils prendraient un peu de repos, et ensuite à Constantinople, où ils comptaient obtenir (les pauvres gens n’en doutaient pas) justice de l’empereur et protection de l’archevêque Jean Chrysostome4. Partis ainsi pleins de confiance sous la conduite d’Isidore et de trois des

1. Adversus monachos cogit concilium, ncque ad defensionem vocatis ipsis, nec facta illis dicendi potestate... excornmunicat, prætextans dogmatum perversitatem... cos quoque non puduit appellare præstigiatores. Pallad., dial., p. 22.

2. Sequebantur illos viri circiter octoginta. Sozom., vin, 13.

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