Repente monasteria noctu invadit. Ibid
4. Prædatur montem, monachorum reculas militibus prædam addicens... expilatiscellulis... Ibid.
ET L'IMPÉRATRICE EÜDOXIE. 425
d’abbés parvinrent à se sauver. Les Longs-Frères habitaient en dehors des clôtures conventuelles une petite maison divisée en cellules; des âmes compatissantes les en vinrent tirer pour les descendre avec des cordes au fond d’une citerne dont l’orifice fut masqué avec des pièces de bois et des nattes1. Quand le soleil se leva sur cette ville du Seigneur, séjour naguère de la méditation et de la paix, il n’éclairait plus que des décombres. « Un sanglier cruel, nous dit le narrateur contemporain , avait ravagé la vigne féconde du Christ2. »
Le désir ardent du patriarche était de s’emparer des Longs-Frères, dont la capture devait être le trophée de sa victoire, et il entra dans une vraie fureur en apprenant qu’ils avaient échappé. Se faisant conduire près de leur cabane, il la fit fouiller de fond en comble sous ses yeux. Tout y fut mis en pièces par les soldats, qui brisèrent jusqu’aux grabats. On perça les murs à coups de levier, on effondra le toit, on creusa le sol pour s’assurer qu’il n’existait point quelque part une retraite cachée. Un jeune serviteur, laissé par les frères à la garde de la maison, assistait à ce spectacle, muet et épouvanté. La colère de Théophile gagna enfin les assaillants, trompés dans leurs recherches; ils se vengèrent de leur déconvenue en entassant au milieu de la cabane des monceaux de sarments auxquels ils mirent le feu. Tout fut dévoré par les flammes, l’enfant luimême y périt. Parmi les objets consumés se trouvaient
4. Très illos in puteum demiserant, imposita ori putei storpa. Pallad., dial., p. 23.