JEAN G II R V SOS TOME
par un cOnéile qui serait rentré de sa propre autorité ifiir son siège, sans y avoir été rétabli canoniquement; mais Çhrysostome n’avait point été déposé, jamais il n’avait cessé d’être évêque. L’assemblée qui avait prétendu Je jugera Chalcédoine n’était point un concile, c’était un conciliabule formé de ses adversaires déclarés; les évêques fidèles aux lois de l’Église avaient fait corps avec lui, quarante-deux ne l’avaient point quitté pendant son procès illégitime, et sojxan le-cinq, en restant dans sa communion après les décrets du conciliabule , avaient protesté contre la validité de ceux-ci. D’ailleurs aucune des règles de la procédure ecclésiastique n’avait été observée dans ce prétendu jugement. Clu'ysoslome avait eu beau récuser comme juges certains personnages, ses ennemis reconnus, ils avaient été maintenus dans le tribunal ; les accusations n’avaient point été discutées, on Pavait condamné sans l’entendre, et enfin la sentence de déposition ne lui avait point été signifiée. L’archevêque n’avait été informé de toutes ces choses qu’en recevant d’un officier de l’empereur l’ordre de quitter son église et de partir pour l’exil; un autre officier impérial était venu l’en tirer le lendemain pour le rendre à son ministère. Quels rapports avaient de pareils faits avec le cas prévu par les canons d’Antioche? Aucun évidemment, et quelle que fût la valeur de ces articles, que d’ailleurs Chrysoslome contestait, il n’avait rien à faire avec eux. Quant à celle circonstance que l’évêque Jean aurait sollicité de l’empereur la convocation d’un nouveau concile pour réviser son jugement, si l’on inférait de là qu’il reconnaissait ses premiers
juges, on se tromperait. Condamné illégitimement par des évêques ses ennemis, il avait fait un appel régulier à des évêques ses frères pour protester de son innocence devant eux et devant le monde chrétien, confondre la malice des autres , et effacer jusqu’à l’ombre des souillures qu’on avait essayé d’attacher à son nom. En résumé, sa défense consistait en trois „ points : 1° les canons d’Antioche étaient des canons hérétiques qu’une assemblée catholique n’avait pas le droit d’invoquer; 2° en tout cas, ces canons ne lui étaient point applicables, car il n’avait point été déposé par un concile; 3° par la demande de convocation du synode actuel, il avait eu pour but non de se faire rendre des pouvoirs qu'il n’avait jamais perdus, mais de venger son innocence calomniée, obéissant ainsi au strict devoir d’un évêque1.
Telles étaient l’attaque et la défense. Le débat s’engagea d’abord devant le concile sur la validité des actes d’Antioche, devenus dès lors tout le nœud de l’affaire. Chaque parti se présenta dans la lice avec ses arguments divers tirés des circonstances historiques du concile, les ennemis de l’archevêque soutenant comme orthodoxes les actes d’une assemblée en majorité catholique, les autres répondant qu’un synode de quatre-vingt-dix membres dans lequel on comptait trente-six hérétiques choisis par le chef de l’hérésie arienne, un synode sur lequel pesait l’influence passionnée de l’empereur, et qui d’ailleurs avait pour mission de frapper le grand Athanase, ne pouvait être