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la candeur virginale1 2. On eût dit qu’il «'appartenait pas à ce monde, tant il lui paraissait étranger par la pureté de son âme et la faiblesse de son corps. Le juge voulut lui faire désigner l'archevêque Jean son maître et les amis de Jean, qui étaient aussi ses patrons, comme les auteurs de l’incendie de l’église -, et Eutropius (c’était son nom) répondit qu’il ne savait rien de tout cela. Pour l’obliger de confesser qu’il le savait, le préfet le fit étendre sur le chevalet, où on le fustigea cruellement. Les inquisiteurs attendaient qu’il sortît de sa bouche quelque parole imprudente dont le juge profiterait; mais iis attendirent vainement, l’enfant ne laissa échapper que cette déclaration : « Je ne sais rien de ce que vous me demandez3. » On recourut alors aux grands moyens : les lanières garnies de plomb ne suffisant pas pour le faire parler au gré du juge, on lui laboura les cotes avec des ongles d’acier, on lui déchira le front jusqu’à lui arracher les sourcils; les chairs des côtes ayant été mises à nu, on en approcha des torches enflammées 4, mais Eutropius se taisait; quand on le détacha du chevalet, il était mort. Il fallait maintenant l’enterrer, car on ne pouvait reporter à la prison un cadavre, et, comme on n’avait sous la main aucun prêtre joannite (ils étaient tous dispersés ou cachés), les clercs d’Àcacius, assesseurs de la torture,
1. Eutropius quidam lcctor... Sozoni., viii, 2i. Eutropius bea-
tissimus ut virgo purus juvenis et tenellæ cutis existons. Pallad., dial., p. 78.
2. Ut eos indicaret qui templo ignem injecissent. Sozom., vm , 24.