‹ Récits de l'histoire romaine au V. siècleChapitre 74 sur 108 · Clirys., Epist · texte numérisé non relu

Clirys., Epist

JF A N CHRYSOSTOME

catholique fidèle dans Antioche lui réservait la succession de l’archevêque Flavien, arrivé aux limites de l’âge. Ce fut donc un travail de direction que lui imposa Chrysostome , l’engageant à chercher des ouvriers parmi les moines, lui promettant de l’argent en abondance, des armes de démolition, pioches, pelles, leviers, tout ce qu’il fallait en un mot pour une pareille guerre, avec des vivres pour sa petite armée, qu’on tenterait sans doute de chasser par la famine. L’exilé promettait tout cela n’ayant pas lui-même une obole, gardé par des soldats et â la veille d’un voyage lointain , et pourtant il tint tout cela, tant sa parole sut remuer de coeurs et ouvrir de bourses ! Il fit plus encore : un chef d’action manquait à l’entreprise, il le chercha et le trouva. Aux environs de Nicée vivait un ermite retiré dans une caverne où il s’était en quelque sorte muré ; il avait juré d’y mourir, disait-il, loin de la vie active et du commerce des hommes, avec lesquels il avait décidément rompu. Ce fut ce solitaire que Chrysostome choisit comme général pour aller conduire la guerre chrétienne en Phénicie. « Sors de tes montagnes, lui écrivit-il, et laisse là ta stérile vocation, qui ne peut servir ni aux hommes ni à Dieu. Prends un bâton et pars; va trouver à Antioche le prêtre Constance, et entends-toi avec lui pour renverser les idoles de la Phénicie; il te fournira tout ce dont ta sainte milice aura besoin1.» L’ermite hésitait, Chrysostome lui récrivit avec colère, et il partit.

Cependant le temps de séjour était expiré, le pri-

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