Notitia imperii orientis. Com. Isauriœ
ET L’IMPÉRATRICE EÜDOXIE.
causée par les querelles religieuses, qui allait toujours en croissant flans ces provinces, enhardirent les brigands, perpétuellement aux aguets : ils essayèrent des courses du côté de la Cilicie et jusqu’en Syrie. Leur apparition sur un point avait suffi pour répandre l'épouvante sur tous les autres, et tout le long de la route, depuis Nicée, Chrysostome avait entendu parler des Isaures. Il avait espéré pourtant leur échapper et atteindre son domicile futur de Cucuse avant que ces bandes, qui s’étaient portées jusqu’alors vers l'ouest et le midi, eussent changé la direction de leurs ravages.
A ce cri, « aux armes, voici les Isaures ! » tous les habitants de Césarée, jeunes ou vieux, coururent aux remparts; la garnison, le tribun en tète, fit une sortie contre les bandes disséminées dans la plaine1 ; avant le coucher du soleil, ces braves et agiles soldats avaient tout balayé et refoulé les brigands dans la montagne. Celle journée fut pour la ville pleine d’émotion ; on y pourvut en toute hôte à des travaux de défense, car on ne doutait point que les fourrageurs qui venaient de se montrer ne formassent l’avant-garde d’une troupe plus considérable- De son côté, l’escorte de Chrysostome avait achevé ses préparatifs et se disposait à partir; mais celui-ci se trouva pris d’un redoublement de fièvre, et d’ailleurs la circonstance invitait peu à se mettre en route. L’escorte se décida donc à rester quelques jours encore.
1. Adeo ut senes ipsi murorum custodiam susciperent... tribunus acceptis lus militibus quos habebat.ex urbe excessit. Chrys., Epist. 14 ad Olymp.
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La nuit se passa tranquillement ; le lendemain matin, à l’aube du jour, un vacarme effroyable se fit entendre dans le quartier habité par l’exilé et précisément devant sa maison. Ce vacarme était occasionné
par une borde de plusieurs centaines de moines armés de pierres et de bâtons qui venaient enfoncer la porte de l’étranger, le jeter dehors avec ses gardes et les forcer de quitter à l’instant Gésarée. ils poussaient des 1 clameurs féroces et menaçaient de les brûler vifs avec
la maison, s’ils ne se mettaient en devoir de partir . Les prétoriens tinrent bon et défendaient l’entrée *,
mais les moines leur crièrent qu’ils n’avaient pas peur d’eux, qu’ils en avaient assommé bien d’autres, J et ils brandissaient leurs bâtons avec des gestes insul-
tants1 2. Vainement les officiers de l’escorte essayèrent de parlementer avec ces furieux, leur expliquant que le prisonnier était malade et pouvait à peine se traîner, que d’ailleurs les Isaures occupaient la route qu’il devait suivre; les moines les inlerrompaient, criant à tue-tête : « Qu’il s’en aille, qu’il parte! » Instruit de ce qui se passait, le préfet de la ville, Cartérius, se rend à la maison de Chrysostome afin de lui porter secours, et quelques notables le suivent. Il veut faire entendre raison aux moines; ceux-ci le repoussent
1. Quum res eo loco esscnt, repente sub auroram monachorum cohors (liceat enîm mihi ad corum furorem cxprimendum hoc vocabulo uti) ad hanc domum in qua eramus acccsserunt,eam incensuros, nobisquc extremaquæque mala illaturos minitantes, nisi abscederemus. Chrys., Epist. 14 ad Olymp.
2. Nam ipsis plagas denuntiabant et gloriabantur quod multos prætorios milites fœde verberassent. Chrys., Epist. 14 ad Olymp.
comme ils avaient repoussé les officiers de l’escorte1. Convaincu partout ce qu’il voyait, par tout ce qu’il apprenait, que l’évêque de Césarée était le vrai provocateur du tumulte, et que ces gens n’agissaient que par ses ordres, il déclara qu’il allait le trouver et lui remontrer qu’on ne pouvait traiter ainsi l’hôte de la ville, et envoyer à une mort certaine un vieillard infirme et exténué; il espérait, disait-il, obtenir de Pharétrius au moins deux jours de répit; autour de Chrysostome, personne ne le crut. Une sorte de trêve cependant résulta de l’intervention du préfet, et les moines retournèrent dans leur couvent. Chrysostome employa la soirée à envoyer chez ceux des prêtres qui le visitaient le plus fréquemment et lui témoignaient le plus d’affection, pour les engager A le venir voir, le conseiller, l’assister: aucun ne vint. Jls étaient tous absents, ou plutôt ils feignaient de l’être; la peur les avait paralysés2.
Le lendemain , la scène recommença avec des symptômes encore plus menaçants que la veille ; les moines avaient fait dans la soirée de nouvelles recrues, et ils arrivaient décidés à tout. Les officiers dirent alors à Chrysostome : « Nous sommes trop peu nombreux pour résister h ce troupeau de bêtes féroces ; nous y péririons honteusement. Mieux vaut affronter
1. Quod cum ad urbis præfectum illatum esset,ipse quoquedomum, ut nobis opitularetur, accurrit. Verum ne ipsius quidem precibus monachi pcrmoti sunt, sed ipse quoque elanguit. Chrys., Epist. 14 ad Olymp.
2. Nec presbyterorum ullus opem nobis atque auxilium ferre audebat... Sese abdebant et occultabant, nec, cum a nobis accerserentur, obtemperabant. Id., ibid.
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les bandes des Isaures que de rester au pouvoir de ces misérables. Nous t’en conjurons donc, très-saint père, mettons-nous en route sans tarder1.» Chrysostome ordonna de préparer le mulet qui portait sa litière, et ils partirent. Il était alors midi. Une foule consternée ou indignée, proférant des malédictions contre l’évêque, garnissait les rues où ils passèrent*. Hors des portes, Chrysostome reconnut plusieurs ecclésiastiques qui s’étaient postés là, comme en cachette, pour lui adresser un dernier adieu il s’aperçut qu’ils pleuraient. Un d’eux, s’approchant de la litière, lui dit: «Va et hâte-toi, car ta vie n’est plus en sûreté ; tombe, s’il le faut, au pouvoir des Isaures, pourvu que tu échappes aux nôtres ; tout vaut mieux pour toi que ce qui se passe ici3.» Pendant que ce prêtre parlait, une dame de Gésarée que Chrysostome avait vue quelquefois et qui se nommait Séleucie vint prier l’exilé de s’arrêter dans sa villa, qui n’était éloignée que de cinq milles4, et près de la route qu’il parcourait. « Il pourrait y passer la nuit, disait-elle, et se reposer tout à son aise. Les Isaures étaient assez loin déjà pour qu’on n’en
\. Prætorii milites ad nos confugerunt,meque rogaruntatque obsocrarunt ut etiamsi in Isaurorum manus nobis veniendum csset,tamen eos bis belluis liberarem. Chrys., Epist. 14 ad Olymp.
2. Hora ipsa meridiana in lccticam me conjiciens illinc exoessi, universa plèbe lamentante, ej niante, borum rerutn auctorem exsecrante. Id., ibid.
3. Posteaquam autem ex urbe excessi, quidam etiam clerici, venientes lento gressn, lugentes nos prosequebantur... «Abi, obsecro : in Isauros etiam incide, modo e nobis elabaris. Nam quocumque incideris, tuto incides, modo manus nostras effugias. » Id., ibid.
4. Ut in ipsius suburbanarn villam quæ quinque passuum millibus ab urbe distabat me conferrem. Id., ibid.
entendît plus parler, et quant aux moines, ils n’oseraient certes pas l’aller chercher jusque-là. » Chrysostome, ressaisi par la fièvre, accepta; des domestiques qui accompagnaient la dame furent chargés d’introduire l’escorte dans la villa, et Sdleucie retourna vers Gésarée.
La villa de Séleucie était une vaste habitation
rurale composée d’une maison de plaisance et de logements de colons et de fermiers groupés autour d’un château fort, sorte de donjon, qui servait de demeure particulière au seigneur et de lieu de refuge pour tout le monde en cas de péril. L’intendant offrit à Chrysostome de l’y loger : celui-ci refusa, se croyant parfaitement en sûreté dans la maison de plaisance, d’après les paroles mêmes de Séleucie; mais la maîtresse était revenue, ne montrant plus la même sécurité, car, à l’insu de scs hôtes, elle recommanda à l’intendant de faire armer ses serviteurs et les colons de ses autres villas pour repousser une attaque possible des moines pendant la nuit1. L’intendant fit ce qu’elle lui ordonnait et n’en dit rien à Chrysostome. Or voici ce qui était advenu dans l’intervalle. Séleucie rentrait à peine à Césarée que Pharétrius, informé de ce qu’elle avait fait, la manda près de lui pour lui adresser des reproches et l’obliger par de graves menaces à mettre dehors à l’instant l’hôte qu’elle avait reçu sous son toit2.
1. Procuratori suo mandavit...utiex aliis suis villls agricolas cogeret atquc ita cum monachis raanum conferrct. Chrys., Epist. Mad Olymp.
2. Acriter iustabat Pharétrius, graves in eam'minas jactans eamque cogens atque impellens ut me etiam e suburbio ejiceret. Chrys., ibid.
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La dame se récria contre une pareille injonction, sortit indignée, et courut à la villa prendre les mesures dont nous avons parlé; mais l’évêque la demanda de nouveau avec instance et elle revint. On ignore ce qui se passa dans celte seconde entrevue, et si Pharétrius ne fit pas craindre à celte femme de se trouver compromise dans un complot contre l’impératrice et l’empereur; le fait est qu’elle le quitta épouvantée et résolue enfin à obéir» On était arrivé la seconde moitié de la nuit, et Chrysostome commençait à goûter un peu de repos, lorsqu’un prêtre nommé Evethius, qui l’avait suivi depuis Césarée, entra précipitamment dans sa chambre, et le réveillant en sursaut : «Lève toi, lui ditil, lève-toi, je t’en conjure, les Isaures sont là1!» Et avant que Chrysostome eût eu le temps de reprendre ses sens et de l’interroger, Evethius enleva toùs les effets de l’exilé et l’entraîna dehors. L’escorte était déjà sur pied, et le mulet attelé à la litière ; personne d’ailleurs n’était là pour prêter assistance ; la maison de Séleucie se trouvait dans un désarroi complet ; ou n’y parlait que des Isaures; les uns s’armaient, les
autres se cachaient; l’escorte était abandonnée à elle- »
même, elle se procura un guide comme elle put.
C’était une nuit sans lune et d’une obscurité tellement épaisse qu’on ne distinguait rien à quelques pas de soi*. Chrysostome fit allumer les torches ; Evethius
1. Evethius presbyter me e somno excitans magno cum clamore h sec dicebat:uSnrge, obsecro, adventant barbari nec longe absunt. «C.hrys., Epist. 14 ad Olymp.
2. Nox illunis erat, »ox media, caliginosa, tetra; id quod etiam nos in summam consilii inopiam conjiciebat. Id., ibid.
accourut les éteindre, disant qu’elles serviraient ae fanal aux brigands1. Sous l'empire des mêmes frayeurs, le guide chargé de les conduire prit, à ce qu’il paraît, un chemin détourné qui rejoignait plus tard la grande route, mais n’était qu’un sentier raboteux, taillé dans le roc et embarrassé de pierres roulantes ; on n’y avançait qu’à tâtons. Le mulet qui portait la litière fit un faux pas et tomba sur les genoux ; la secousse lança Chrysostome hors de son siège et l’envoya sur un des . côtés de la voie, étendu tout de son long et sans mou- * -vement2. Evethius, sautant à bas de son cheval, vint le relever et le crut mort. Chrysostome reprit enfin ses sens, et, soulenu ou plutôt traîné parles mains du prêtre, il essaya de marcher, c’est-à-dire, suivant son expression, « de ramper, » car ils ne savaient tous deux où mctlre le pied et ne voyaient pas où- ils allaient3. Chrysostome, découragé, voulait retourner à la ville, où ses compagnons et lui, répétait-il, ne trouveraient pas plus de souffrances qu’ils n’en pouvaient redouter chez les Isaures ; on le calma, et il finit par remonter dans sa litière. Les Isaures ne parurent point, et le convoi continua son voyage de cinquante lieues à travers les pentes abruptes, les précipices et les torrens, péniblement sans doute, mais sans aventures qu’on ait
1. Faces accendi jussi... verum has quoque presbyter exstingui j assit, ne barbari, aiebat., lacis splendore exciti, in nos impetum facerent. Chrys., Epist . 1 i ad Ohjmp.
2. In genu lapsus, me qui lectica inclusus eram, bumi prostravit, parumque abfuit quin interirem. Chrys., ibid.
3. Deinde exsurgens tractim amlmlabam, Evethio presbytero manibus me tenente... atque ita manu ductu6 vel, ut rectius loquar, pertractus, reptabam. Id., ibid.
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jugées dignes d'être mention nées. Chrysostome atteignit de cette façon Gueuse, soixante-dix jours après avoir quitté Constantinople. Pharétrius triomphait donc! II pouvait écrire à la cour que les saints moines des couvents de Césarée, ne pouvant soutenir la vue d'un ennemi de l’impératrice, avaient chassé l’exilé de leur ville, l’obligeant de fuir au milieu de la nuit. 11 espérait pouvoir ajouter prochainement que la main de Dieu, pour le complet châtiment de ses crimes, avait conduit Jean sous le fer des Isaures, qui l’avaient tué ou emmené captif dans leurs cavernes. L’impératrice sans doute reconnaîtrait les services d’un évêque qui l’avait délivrée de l’ombre même de son ennemi.
L’image de celte nuit funèbre, resta gravée en traits effrayants dans l’imagination de Chrysostome. II n’aimait point â en parler, et, quand il s’y voyait contraint, il ne le faisait qu’avec une réserve qui décelait encore l’épouvante. Dans les épanchements intimes de l’amitié, il en envoya le récit â Olympias, et c’est ce récit que nous avons suivi, mais en même temps il recommandait à sa très-chère et très-pieuse diaconesse de garder lout cela pour elle seule, bien que les soldats de l’escorte pussent en remplir la ville entière de Constantinople, puisqu’ils avaient eux-mêmes couru les plus grands dangers. « Qu’ils fassent ce qu’ils voudront, ajoutait-il, cela ne me regarde pas; je désire seulement qu’on n'apprenne pas ces choses de vous, et que vous imposiez même silence à ceux qui voudraient vous en parler*. » Il donne de sa réserve un motif
1. Cæterum es te nemo id resciscat : imo etiarn cos qui narrabunt, comprime. Chrys., Epist. H ad Olymp.
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plein de charité, à savoir que le clergé de Césarée l’avait traité généralement avec alîeclion, et que, plusieurs membres de ce clergé se trouvant actuellement à Constantinople, on ne manquerait pas de les rendre responsables en quelque sorte du crime de leur évêque, ce qui serait injuste de tout point. 11 allait même jusqu’à atténuer la légitime indignation que méritait la conduite de ce dernier, se rejetant sur la faiblesse de son caractère et sur la jalousie qu’avait dû lui causer l’accueil chaleureux des habitants de Cësarée et de ses prêtres mêmes pour l’exilé. Il lui échappe cependant, dans cette lettre à Olympias, un mot qui fait frissonner dans la bouche d’un homme tel que lui. « Je suis maintenant à Cucuse, lui dit-il, bien vu de tout le monde et en sûreté : ne craignez pas pour moi les Isaures, que l’hiver emprisonne dans leurs montagnes ; quant à moi, je ne redoute rien que les évêques, un petit nombre excepté1. »
Pendant que le vrai pasteur de l’Église de Constantinople, l’archevêque légitime de tous les catholiques fidèles, gagnait, à travers tant d’aventures diverses, la prison de son exil, le faux pasteur, l’intrus, Arsace en
1. De Isauris autem niliil est quod post hac metuas ; etenim inregiouem suam sese receperunt : multoque tutior hic sum quam cum Cæsareæ essomus. Neminem enim tam metuo quam episcopos, paucis relictis. Chrys., Episl. H ad Olymp.
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un mot, faisait peser sur ces mêmes fidèles le poids de toutes les rigueurs ecclésiastiques et civiles. Malgré l’acharnement d’Optatus et son habileté féroce, l’information sur le crime d’incendie n’aboutissait pas; on n’avait pu obtenir aucun aveu, et Arcadius, las de tant de cruautés inutiles, inclinait enfin vers la clémence. Il rendit, à la date du 29 août 40/i, plus de deux mois après l’ouverture des enquêtes, un décret qui confessait franchement l’inanité de la procédure et ouvrait les prisons aux détenus. Les évêques, clercs, moines ou laïques incarcérés sous cette accusation furent donc relâchés, mais à la condition de quitter la ville impériale et de se rendre dans leur domicile particulier
comme dans une sorte d’exil. Tel fut le sort des
évêques Eulysius et Cyriacus et des clercs de Constantinople, anciens compagnons de Chrysostome, arrêtés avec lui sur le chemin de Nicée et traînés ensuite de cachot en cachot;- leur ordre de mise en liberté n’était après tout qu’une sentence de bannissement.
La joie causée par ce décret au corps entier des joannites fut de bien courte durée, car un autre décret* à la date du 11 septembre, ouvrit contre les schismatiques une persécution non moins rude et non moins injuste que la première. Deux crimes religieux, le schisme et l’hérésie, avaient pris place dans la loi romaine depuis les empereurs chrétiens. Le schisme légal était la séparation d’avec l’Église officielle reconnue par le prince, de la même façon que l’hérésie légale était l’adoption d’un symbole autre que celui de la croyance professée par le prince, ce qui n’empêchait pas qu’aux yeux de l’Église et sous l’autorité des
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canons, ces mots de schisme et d’hérésie lie reçussent des applications très-différeutes de la définition légale. Ainsi, dans ce cas particulier, les schismatiques de la loi n'étaient pas ceux de l’Église, au moins de la minorité qui défendait le droit hiérarchique et les règles disciplinaires, minorité appuyée en Occident par le sentiment de l’Église romaine et d’un grand nombre d’évêques occidentaux. Pour le parti de Chrysostome, l’église d’Arsace était le schisme ; pour le parti d’Arsace, le schisme était dans les joannites et dans leurs réunions. On se rejetait donc d’un côté à l’autre ces mots de schisme et de schismatiques; mais les joannites, qui avaient le prince contre eux, eurent aussi contre eux la loi, et le parti qu’ils traitaient eux-mêmes de schismatique le leur fit bien voir dans l’application du décret du 11 septembre 404-
L’histoire nous dit que ce fut Arsacequi, voyant ses basiliques presque désertes et les catholiques de Constantinople s’obstiner à tenir des assemblées séparées, sollicita lui-même du prince l’emploi des moyens de rigueur'. Des soldats furent préposés à la chasse des joannites dans les bois, dans les montagnes, dans les édifices abandonnés de la banlieue de Constantinople; on dispersa les assemblées à coups de pierres et de bùton 2, le cirque de bois fut pris et repris ; des domiciles privés furent violés pour y surprendre des prêtres et des fidèles en contravention. Suivaient les comparu-