‹ Récits de l'histoire romaine au V. siècleChapitre 80 sur 108 · Paliad., dial., p · texte numérisé non relu

Paliad., dial., p

2. Tribu nus itaque cum militibus in congrcgatos impetum facere jusstis, plebum fustibus et saxis cædens, fugere compuls.t. Sozoïn., vin, 23.

JEAN CHRYSOSTOME

lions devant le juge, les incarcérations, la question pour la révélation des complices. Une des choses qui éloignaient le plus les joanniles d’un rapprochement avec ce qui était pour eux le schisme, c’est qu’on les obligeait, à leur entrée dans les basiliques, d’anathématiser Chrysoslome; ils préféraient à une pareille tyrannie les l'ers, les cachots, la torture. Quand les peines corporelles ne leur étaient pas appliquées, on leur faisait payer des sommes qui les ruinaient1. On alla jusqu’à condamner à l’amende les corporations quand un de leurs membres était surpris dans les assemblées prohibées, ou les maîtres quand leurs serviteurs ou leurs esclaves se rendaient coupables du même crime, les constituant ainsi gardiens de l’exécution de la loi. Toutes ces mesures iniques et cruelles, prises sur la sollicitation d’Arsace, justifiaient assez les termes énergiques dont se servait l’exilé, quand il écrivait qu’on avait livré la direction de l’Église à un loup, non à un pasteur; à un pirate, non à un pilote, et que la santé des âmes était confiée aux soins non d’un médecin, mais d’un bourreau®.

Toutefois la persécution ne continua pas longtemps avec cette intensité, ou Arsace y prit une part de moins en moins directe. Au fond, ce vieillard n’était pas né persécuteur; il ne possédait ni l’activité ni la passion nécessaires pour être un Hérode ou un Néron : c’était tout simplement un ambitieux de peu de conscience,

1. Nobiliores vcro et eos qui J oannis partes ardeutius tuebantur, custodiæ tradidit. Sozoni., vin, 23.

2. Lu pu in prb pastore, prædoneui pro gubernatore, carniflceni pro niedico. Clirys., Episl. 2 ad Olymp.

ET L’ IMPÉRATRICE EUDÜXIE.

et, quand il crut avoir acquitté suffisamment envers l’impératrice la dette de son épiscopat, il voulut en jouir et se reposer. Acacius, Antiochus, Sévérien et les autres « cabaleurs et sycopliantes de Jean, » suivant un surnom bien mérité, eurent beau le stimuler et le réprimander; il les laissa dire et ne fit rien. Quelques écrivains religieux vont même jusqu’à louer sa douceur, comme si l’on pouvait donner le nom d’une Vertu à la mollesse et à l’inertie égoïstes. Antiochus et scs collègues avaient imaginé un plan qui devait leur soumettre tous les évêques de l’Orient au moyen d’un triumvirat des patriarches d’Alexandrie, d’Antioclie, de Constantinople, auquel l’empereur attribuerait tout pouvoir sur les autres églises, et Arcadius y avait consenti. L’exécution de ce plan enveloppant dans le même réseau les joannites de toutes les provinces, le schisme, lui disaient-ils, sera sûrement étouffé. Quand il fallut se mettre à l’oeuvre avec un homme aussi mou qu’Arsace, les cabaleurs y renoncèrent pour la reprendre en temps plus favorable, ainsi que nous le verrons bientôt. Arsace se trouva donc en butte à une double attaque de la part des joannites et de celle des anti joannites. Si les premiers prétendaient qu’il avait la faconde d’un poisson et la chaleur oratoire d’une grenouille, comme après tout le poisson, qui ne parle pas, s’agite et nage, les seconds le qualifièrent, d’après leur rancune, de vieux tronc pourri et de soliveau1.

Il se passa pourtant sous l’épiscopal de ce soliveau un événement considérable; l’impératrice mourut le

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