‹ Récits de l'histoire romaine au V. siècleChapitre 83 sur 108 · JEAN C11KVS0ST01IE · texte numérisé non relu

JEAN C11KVS0ST01IE

nourrissaient, et on cite un évêque déposé qui, reçu secrètement chez un de ses collègues, y fut trois ans sans descendre les degrés de sa chambre, tant il craignait de compromettre son hôte'. D’autres prirent des métiers pour vivre du travail de leurs mains ; l’évêque Prison, frère de Palladius d’Hellénopolis, cultiva luimême un petit champ qu’il possédait1 2; un évêque de Troade acheta une barque, et vécut, sur les côtes de la mer Égée, du produit de sa pêche3; à l’inverse de Pierre, qui de pêcheur de poissons s’était fait pêcheur d’hommes, de pêcheur d’hommes il se fit pêcheur de poissons. Au milieu de celte misère qui affligeait les catholiques d’Orient, beaucoup cherchaient à se réfugier en Occident ; mais le passage de la mer n’était pas facile, et souvent on les arrêtait sur leur route. Un diacre et un prêtre envoyés par Chrysostome, de son exil de Gueuse, pour remettre une lettre au pape Innocent, cherchèrent longtemps sur la côte d’Asie une occasion de s’embarquer, et ils disparurent avec leur lettre.

Dans ce désarroi général, beaucoup d’Églises faiblirent et se résignèrent à la communion des triumvirs. Celles qui résistèrent jusqu’au bout sont glorifiées par l’histoire. Dans ce nombre, on compte celles de Carie, qui se concertèrent pour envoyer leur profession de foi au pape Innocent, celles de Palestine, qui,

1. Per totum tricnnium do scala domus suæ non descenderunt preeationibus vacantes. Pallad., dial., p. 77.

Page 1