‹ Récits de l'histoire romaine au V. siècleChapitre 84 sur 108 · Terram propiiis raanibus Codions. Pallad., ibid · texte numérisé non relu

Terram propiiis raanibus Codions. Pallad., ibid

3. Silvauus, sanctus cpiscopus, Troade piscatur et piscatu vivit. Id., ibid.

ET L'IMPÉRATRICE EÜDOXIE. 38*

malgré les divisions qui les déchiraient, chassèrent le prél.re qui leur apportait une sommation du triumvirat, celles de Cilicie, celle de Pessinonte, en Phrygie, et d’autres encore. La cour ayant tenté d’intimider ou de séduire l'archevêque de Thcssalonique, dont l’Église restait attachée au domaine spirituel de l'Occident, quoique son territoire, ainsi que toute l’illyrîe orientale, appartint depuis Théodose au domaine civil d’Orient, le courageux évêque répondit : «Je suis en communion avec l'Église de Home; ce que fera celte Église, je le ferai. » Les évêques et les clercs venus de Constantinople et de la Grèce continentale en Italie, et que les Asiatiques essayaient de rejoindre, formaient à Rome comme un petit peuple qui sollicitait instamment, au nom du malheur et au nom du droit, la justification de Chrysostome ; l<à se préparait, ainsi que nous le verrons bientôt, une nouvelle phase de ce grand procès, qui de l'Orient étendait son importance sur le monde entier.

L’Église orientale, on doit l’avouer, avec sa sénilité, ses perpétuelles dissensions, les jalousies, les complots, les crimes de ses évêques (j’hésitais à écrire ce mot, mais il m’est imposé par les faits), cette Église, dis-je, faisait bien les affaires de celle d’Oecident, et travaillait de son mieux «à la domination de sa rivale. Il y avait à peine vingt ans que dans le second concile œcuménique les Pères réunis à Constantinople et l’empereur Théodose lui-même reprochaient aigrement au pape et aux évêques italiens de venir s’ingérer dans leurs affaires, qui ne les regardaient point, et les avertissaient de s’en abstenir désormais ; maintenant,

JEAN CHllYSOSTOME.

grâce à tant de fautes accumulées, les catholiques orientaux, Iraqués entre un gouvernement trop mêle aux choses religieuses et un triumvirat de despotes ecclésiastiques, ne voyaient plus de recours et d’espérance de justice qu’en Occident1. L’ancre de salut était devenue, pour celle moitié du monde chrétien, l’ancre de la barque de Pierre, et de même qu’au milieu des tempêtes du lac de Génésaretli Pierre criait à son maître : « Sauvez-nous, Seigneur, car nous périssons! »' ces catholiques opprimés, ces évêques fugitifs, ces diacres et ces prêtres enchaînés dans les mines ou dans les prisons et le grand exilé lui-même, ce Démosthène de l’éloquence chrétienne, s’écriaient, les bras tendus vers Rome : « Successeur de Pierre, sauve-nous! »

1. On peut consulter là-dessus mon Saint Jérôme , 1. 1, 1. 3.

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