Zi02 J
Le consulat d'Eutrope causa dans le monde romaio une émotion à laquelle Teu nuque ne s'élait pas attendu, parce qu'il ne connaissait pas bien l'Occident. En Orient, on fut offensé de cet orgueil excessif de Tesclave aspirant à une dignité voisine du trône, et l'on se demanda si quelque jour l'étrange consul n'aurait pas la fantaisie de se faire Empereur. Quant au titre de patrice, il fut accueilli par des railleries qui retombaient directement sur le prince. « 11 a bien fait, disait-
D, de se choisir un tel père ^ » Ainsi se produisait eyant les entreprises ambitieuses d'Eutrope le sentiûent des Romains d'Orient. En Occident, en Italie urtout, où le consulat n'était pas seulement le premier les honneurs, mais une institution sacrée, liée aux grandeurs de la vieille Rome et pour ainsi dire sa 'eprésentation historique et Tâme de son passé, Fétonaement fut plus grand et Tindignation plus profonde. D'abord on ne crut pas à la nouvelle, arrivée de Conitantinople par des bruils vagues en octobre ou novembre 398, qu'Eutrope venait d'être désigné consul; 5n la repoussa même comme une fable. « Autant vau- Irait, se disaient les Romains, nous annoncer un cygne ttoir ou un corbeau blanc *. » Quand la fable se fut IrouYée vraie, qu'aucun recours ne resta plus au doute', la colère éclata de toutes parts en manifestations bruyantes; chacun se sentit blessé dans sa croyance, lans ses préjugés, dans sa dignité de citoyen, dans 'honneur même de sa maison.
Le consulat avait à Rome un caractère religieux, lérivé des institutions païennes, et dont la trace subistait dans beaucoup d'esprits, malgré l'afTaiblisselent de l'ancien culte et les progrès croissants du ouveau. Ce caractère religieux reprenait sa force