‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 130 sur 251 · Felices alise, quas dcbcllata maritis · texte numérisé non relu

Felices alise, quas dcbcllata maritis

Oppida, quas magnis quaîsitœ viribus ornant Exuvise, quibiis Argivse pulchrsëvc ministrant

Thessalides

Claud.^ in Eutr., ii, y. 198 et soqq.

et redouté de tous, tu deviendras Romain si tu veux*.» Cette scène d'intérieur barbare, admirablement tracée par Claudien, est de la plus complète vérité historique. C'était bien là le langage et la pensée de toutes les femmes de fédérés germains à la vue des succès d'Alaric; c'étaient bien là les excitations qui venaient troubler Tofficier vandale ou goth dans son passage de la barbarie à la romanité, et ébranlaient sa fidélité jusque sous le toit domestique.

Quelques jours à peine s'écoulèrent, et la colonie de Tribigilde présenta l'aspect d'un cantonnement barbare en insurrection. Les charrues étaient brisées ou abandonnées dans les champs; les chevaux, dételés des chars rustiques, reprenaient leurs harnais de guerre; chacun fourbissait ses armes. Bientôt commença le pillage des fermes et des villas romaines. Comme il arrive toujours en pareille occurrence, tous les misérables, tous les gens sans aveu vinrent se joindre aux Gruthonges ; les Barbares des cantonnements voisins en firent autant, et le nombre des soldats de Tribigilde fut doublé*. Assez fort alors pour assaillir des villes fermées, il en prit plusieurs et en passa la population par les armes. La Phrygie tout entière fut en feu, etl'Asie Mineure, craignant le même sort, demanda des renforts de troupes à l'Empereur.

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