‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 132 sur 251 · Militiam nullam, nec prima superbus Cingula dignari · texte numérisé non relu

Militiam nullam, nec prima superbus Cingula dignari

Claud., in Eutr., ii, y. 320, 321.

Eutrope, ne pouvant éviter la guerre, tâcha du moins de ne point recourir à Gainas. Il laissa ce dernier à la tête des auxiliaires barbares en lui donnant la charge honorable de protéger la métropole et TEmpereur, si Tribigilde osait passer le Bosphore^; mais il envoya son favori Léon en Asie avec les légions romaines et des levées assez considérables faites à Constantinople, les garnisons de la Thrace et de la Mésie restant d'ailleurs à leur poste. Léon se voyait donc général en chef, préposé au commandement d'une guerre importante, et sa surprise d'une telle bonne fortune égala peut-être celle des autres. Ce n'est pas que cet homme fût complètement incapable, ou qu'il manquât de qualités bienveillantes envers le soldat; mais les satires dont il était perpétuellement l'objet avaient détruit son autorité dans l'armée, et sa grotesque figure, son énorme embonpoint, le souvenir enfin de son ancien métier de cardeur excitaient une risée générale dès qu'il voulait parler de discipline ou punira Ses lieutenants ne le respectaient pas davantage; chacun obéissait, chacun ordonnait suivant son caprice, et cette armée, grossie de soldats recrutés dans les bas lieux de Constantinople, était une des plus mauvaises qu'eût jamais abritées l'aigle romaine.

Cependant sa présence sur la rive orientale du Bos-

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