‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 156 sur 251 · Fcsceonina per hune inventa licentîa morcm · texte numérisé non relu

Fcsceonina per hune inventa licentîa morcm

Vcrsibus altcrnls opprobria rustica fudit.

Horat., EpisL, ii, 1, v. 145, 140.

— Fcscenninus homo, un homme à propos licencieux. Cato ap. Festum, verb. Spatiator.

dissez I Que les sommets des Alpes se parent des poses de la Tallée, et qu'une teinte de pourpre colore la blancheur de leurs neiges i.

a Que TAdige retentisse du bruit des chants et des danses! que le sinueux Mincio murmure doucement dans ses roseaux I que TÉridan réponde par les frémissements de ses aulnes aux larmes d'ambre !

a Qu'au sortir des festins, le descendant de Quirinus ébranle par ses cris joyeux les échos du Tibre, et qu'enivré du bonheur de son maître, Rome, la Ville d'or, couronne ses sept collines!

c( L'Ibérie surtout entendra nos chants, l'Ibérie, berceau de nos princes. C'est là que naquit le père de l'époux, là que naquit la mère de Fépouse, et comme deux branches du même fleuve, après s* être séparées, confondent de nouveau leurs cours, deux rameaux du bronc des Césars se relient à la souche commune... Que l'Orient et l'Occident, rangés sous le spectre de deux frères, n'isolent plus leur bonheur, et que les cités romaines s'unissent en paix dans un même applaudissement, soit que le soleil les salue à son lever, soit qu'il leur adresse à son coucher un dernier regard I »

Et, peut-être par un secret retour aux discordes étales qui troublaient les deux Empires et remplissaient les esprits de sombres présages, le poëte s'écrie brusquement, comme s'il eût voulu conjurer les dan-

i. Subitisque se rosetis

Vestiat Alpinus apex Et rubeant pruinse.

Claud., xu, Fescennin» in nupt, Honor. et Mar, v. 8-10.

gers qui menaçaient Tltalie à Test, comme au nord, comme au midi :

« Silence, orageux aquilons; silence, impétueux Gorus, et toi, bruyant Auster, silence! Zéphyre seul a droit de régner sur une année de bonheu^^ »

Ces vers, où Glaudien avait mis ses plus nobles inspirations et, on peut le dire, toute son âme, reçurent une récompense digne du poëte et du sujet. Il avait laissé dans Alexandrie d'Egypte, sa patrie, une jeune fille dont il souhaitait ardemment la main; mais il était pauvre, quoique déjà couvert de gloire, et les parents de l'Égyptienne, peu soucieux de pareils trésors, repoussaient obstinémentsa poursuite. Sérène, sa confidente, se chargea de lever les obstacles : elle écrivit aux parents une lettre devant laquelle toute résistance devait céder, et Claudien, parti pour TÉgypte avec sa précieuse missive, put annoncer bientôt à sa protectrice son arrivée et son mariage. Il le fit en des vers simples et touchants qui nous sont restés.

« G reine, lui écrivait-il, quand j'arrivai ici dans l'attirail ordinaire des prétendants, demandant la main d'une épouse, je n'avais à promettre ni pâturages cou-

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