‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 17 sur 251 · Claud., In Ruf.y i. v · texte numérisé non relu

Claud., In Ruf.y i. v

2. Georgii Codini Origines seu antiquitates Constantinopolitanœ , Lutet., 1655, p. 38, d.

aurait abrité le berceau de celui qui devait dépasser les magttiflcences de LucuUus, et par l'immensité de ses déprédations laisser loin derrière lui la gloire infâme de Verres : quoi qu'il en soit, Rufln naquit pauvre au sein d'une famille provinciale, pauvre aussi et sans nom.

Un poëte contemporain nous peint une Furie ennemie de Rome, s'élançant, du fond de Tenfer, pour arracher le Gaulois au toit paternel et le jeter sur l'Empire* : cette Furie, on peut le croire, c'était l'ambition fiévreuse qui tourmentait alors chaque Romain, grand ou petit, Tardeur du gain et l'espoir d'arriver à tout sans peine dans une société perpétuellement troublée. Secouant donc un jour la pauvreté de sa famille, Rufln quitta la Gaule pour aller chercher fortune comme tant d'autres. L'instinct qui le poussait aux aventures ne l'égara pas. Ébauchée peut-être dans les écoles de l'Aquitaine, à Toulouse, à Rordeaux, où professaient des rhéteurs et des grammairiens de mérite, son éducation se fit ou s'acheva en courant. Une taille élevée et noble, un regard plein de feu, une parole abondante et facile le recommandaient à l'attention dès qu'il paraissait*; mais ce qui devint surtout l'instrument de son succès, ce fut son esprit vif, spontané, abondant en saillies^une intelligence applicable à tout, un discernement parfait des hommes, de ceux-là surtout qui sem-

i. Claûd., InUuf.^ i, v. 25-175.

2. Rufinus procero corpore, et virilis animi fuit, solertiam vero cjus, tum oculorum motus, tum linguse facundia declarabat. Philostorg.,xi^ 3.

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