Ambo virgines. Marcellin. com. Chrm
2. Gallus gallinaceus... quem immensae magnitudinis Romam vo* cabat. Procop., Hist, Vandal., i, p. 6, éd. H. Grot., Amst., Elzcv.,
de tant de regrets Honorius, qui parut le comprendre, proposa d'aller lui-même à Constantin ople présider à rinstallation de son neveu ; mais, avant de partir, il voulait passer une revue générale de ses troupes, visiter les auxiliaires dans leurs cantonnements de Ravenne et de Bologne, et les légions au camp de Pavie^
Le régent combattit ce projet', et pour des motifs de prudence, car le départ du prince enhardirait les ennemis de Fltalie à se jeter sur elle, et pour des motifs d'économie, car le trésor se trouvait à sec. C'était à lui de partir, disait-il, et comme le voisinage d'Alaric le préoccupait constamment, il conseilla à TEmpereur d'envoyer pendant ce temps-là le roi goth, avec une adjonction de troupes romaines et sous la surveillance de généraux romains, faire une campagne en Gaule pour reconquérir cette grande préfecture. Honorius feignit d'entrer dans ses vues, lui remit deux lettres, l'une pour Alaric, l'autre pour Théodose, et n'en continua pas moins ses préparatifs de tournée'. Stilicon en resta tout interdit. « Empêche ce voyage à tout prix, lui dit un de ses assesseurs, nommé Justinianus, avocat habile et homme de bon conseil, empêche-le, ou tu es perdu. » Et comme le régent repoussait cette supposition par orgueil ou par faiblesse : « Eh bien donci s'écria l'autre, adieu, car je ne veux pas me perdre avec toi M »
1. Visendi exercitas et bénigne compellandi causa. Zosim., v, 30.
2. Verum quum jam iter arrepturus esset, persuàsit Honorio Stilicho ut in Italia remanoret. Sozom. , ix, 4.
3. Datis ad Orientis Imperatorem et Alarichum litteris, Bononia discessit. Zosim., v, 31.
4. Veritus ne, propter familiaritatem, pessum cum fortuna Stilichonis iret, ab eo discessit. Zosim. , v, 30.
La tournée se fit malgré Stilicon, et Olyînpius, maître de l'oreille du prince, y versa tout à loisir le poison de son âme. Le front d'attaque avait changé : ce n'était plus le trône d'Occident que le régent convoitait pour son fils, c'était celui d'Orient; s'il voulait aller à Gonstantinople, c'était pour égorger Théodose par les mains des soldats de son oncle ^ Encore, s'il se contentait de l'Orientl Mais voilà qu'il prenait déjà position en Gaule dans la personne d'Alaric, son aillé secret et son lieutenant. Ces discours, répétés à chaque moment, ébranlaient l'esprit pusillanime de l'Empereur. Cependant Tarmée, pour qui ces dissentiments n'étaient plus un mystère, y prenait une part plus viré de jour en jour. En général les auxiliaires soutenaient Stilicon, dont la cause se confondait avec la leur; les légions, par la raison contraire, penchaient pour Olympius. A Ravenne, l'attitude des auxiliaires goths fut telle, qu'Honorius refusa de s'y arrêter; sur la route de Bologne, son escorte se mutina, et il fut obligé de mander Stilicon pour la réduire '. A Pavie, il resta trois jours sans oser se montrer aux troupes romaines, et Oiympius, — l'histoire nous a conservé ce détail, — mit le temps à profit pour parcourir les chambrées ', et monter le coup qui devait éclater. Le quatrième jour, l'Empereur passa la revue devant le palais, et haran-
1. Ut, Theodosio minori morte per insidias structa, regnum Euclierio filio suo traderet. Zosim., v, 3^. — Sozom., ix, 4. — Philostorg., XII, ^.
2. Arcessitus fuit ab eo Stilicho... ut eos castigatos compesceret. Zosim., V, 31.
3. Milites adversa valetudine laborantes iuvisens. Zosim., v, dS.
MORT DESTILIGON 339
gua les légions: il leur recommandait de se tenir prêles à partir pour la Gaule, de compagnie avec les Visigoths d'Alaric.
Ce fut alors que le tumulte commença : les soldats se jetèrent d'abord sur les fonctionnaires de la préfecture des Gaules, qui avaient déserté leur poste et s'étaient réfugiés près de l'Empereur; Jls passèrent de là aux fonctionnaires italiens, aux grands personnages de la cour qu'on tenait pour amis du régent : tous furent massacrés. Honorius, effrayé, se sauva du palais sous le vêtement d'un esclave. Bientôt la fureur des assassins dégénérant en frénésie, ils firent main basse sur les magistrats de la ville, sur les habitants, sur les maisons : tout fut pillé, et les rues regorgèrent de sang et de cadavres. Olympius profita de la terreur du prince, à demi mort dans sa cachette, pour lui présenter Tordre de tuer Stilicon, comme le seul remède à la révolte : Honorius signa sans hésiter \
Cependant le ministre, mandé à Bologne, avait vu accourir autour de lui les chefs des divisions auxiliaires : ils y tinrent conseil sur les événements encore incertains de Pavie, et décidèrent qu'ils feraient marcher leurs troupes contre les légions pour les attaquer, s'il était vrai qu'elles eussent attenté à la vie du prince, autrement pour exiger d'elles le châtiment des coupables et de leurs instigateurs. Mais quand on apprit qu'Honorius vivait et que Tordre commençait à se rétablir, Stilicon changea d'avis: il ne pouvait se persuader qu'Honorius voulût sa mort; « et d'ailleurs, ajoute