Consulter à ce sujet mon Saint Jérôme, 1. XII
retour des Goths, la guerre religieuse, animée, implacable, vint s'asseoir sur ces débris fumants. Jamais, en effet, la question dés deux religions ne s'était posée si nettement en face des hommes de ce siècle, habitués à juger de la vérité d'une croyance d'après son utilité matérielle, et le polythéisme semblait avoir raison. Rome n'était plus; son prestige était évanoui, son éternité tant proclamée avait reçu un irréparable échec. « Rome a péri dans les temps chrétiens S » entendaiton dire de toutes parts, et ce cri était mêlé de malédictions contre les chrétiens, de blasphèmes contre leur Dieu. Ce n'était pas tout : les chrétiens, au fond, n'avaient guère été plus ménagés que les païens. A l'exception de ceux qui s'étaient réfugiés dans les basiliques, leur $ort avait été pareil : ils avaient vu leurs biens pillés, leurs femmes insultées; bien plus, des églises avaient été réduites en cendres, des vierges violées*, des prêtres traînés en captivité : les consciences d'un grand nombre étaient troublées jusqu'à la révolte. Beaucoup se demandaient si le. Christ, qui confondait le fidèle avec l'infidèle, était injuste ou impuissant comme les divinités de pierre et de bois. L'incrédulité avait beau jeu au milieu de ces mécomptes d'une foi mal éclairée, et les épicuriens, qui pullulaient toujours aux époques de calamités publiques, pouvaient réciter triomphalement aux païens et aux chrétiens déçus les vers de Lucrèce sur les dieux.
Il y avait danger réel pour le christianisme, dont