August., Serm. lxxxi, 9, Opp., t. V
llllx UÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE
les églises, il a épargné les Romains réfugiés près des tombeaux des martyrs : où cela s'était-il vu auparavant? — Il a tué en dehors des basiliques, mais il a tué des idolâtres : c'était leur lot K »
On voit comment les faits de l'histoire étaient plies aux besoins de la théorie : Alaric entrant dans Rome pour y faire la guerre aux idoles, les Goths devenus des missionnaires du dieu des chrétiens, et la population romaine divisée en deux classes, l'une vouée à la destruction, l'autre préservée par un arrêt du ciel, voilà ce qu'il était étrange de soutenir au lendemain du sac de la ville, mais ce qui laissait planer répouvante en montrant aux païens l'extermination plutôt suspendue qu'arrêtée sur leurs têtes.
Ces arguments étaient destinés aux polythéistes. Il y en avait pour les tièdes du christianisme, pour les consciences faibles dont les événements récents faisaient chanceler la foi.
« 11 en est parmi nous qui disent : « Le corps de « saint Pierre, celui de saint Paul, celui de saint Laurent « et de tant d'autres martyrs sont enterrés à Rome, et « cependant Rome est misérable, Rome est saccagée! » — Qui dit cela? Un chrétien? Mais si tu es chrétien, réponds-toi à toi-même que le Seigneur l'a voulu. Tu n'as pas été appelé pour occuper la terre, mais pour' gagner le ciel ^
« Plusieurs des nôtres se sont trouvés confondus
1. Ne quisquam forte dubitaret an correctioaem superb© lascivise, et blasphemœ civitatiS; hostibus fuisse permissa. Gros., vu, 39.