Ante Sibyllinae fata cremavit opis
Rutilii Itinerar,^ ii, v. 52.
Dépositaire des dernières intentions de Théodose, il se plut à les interpréter, à les appliquer dans le sens le plus libéral. Sa politique, dessinée dès les premiers jours de sa régence, consistait à s'appuyer sur le sénat, trop négligé jusqu'alors par les Empereurs chrétiens et justement blessé de leiir défiance ou de leur dédain. Stilicon fit même espérer à la vieille Rome qu'il ramènerait dans ses murs l'Empereur et le siège de l'Empire, afin de retremper l'autorité impériale dans les grands souvenirs de la Ville éternelle. Tout le monde applaudit à cette fin inespérée des discordes civiles : les partis fatigués acceptèrent la trêve ; les deux armées, encore en présence, mirent bas les armes, et l'Italie respira. Stilicon pourtant promettait plus qu'il ne pouvait tenir et la suite ne le fit que trop voir; mais il lui fallait en Italie un apaisement prompt pour gagner sa liberté d'action vis-à-vis de l'Orient. Par une ambition qui n'était pas sans patriotisme, il voulait faire de sa cause personnelle la cause de l'Empereur, de l'armée, du sénat, de l'Occident tout entier.