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CHAPITRE III

Cérémonial des funérailles des Empereurs romaiDs : cérémonial païen : cérémonial chrétien. — Obsèques de Théodose. — L'archevêque do Milan Ambroise prononce l'oraison funèbre de l'Empereur. — Arrivée du convoi de Théodose à Constantinople. — Description du martyre de Constantin. — Butrope contre-mine les projets de Rufin. — L'Hebdomon. — Rentrée triomphale de l'armée de Théodose à Constantinople. — Mort et supplice de Rufin : on promène ses lambeaux sanglants dans la ville : ses biens sont confisqués.

Du haut de son lit funéraire ou du fond de son cercueil, Théodose put assister à cette dissolution de sa famille et de son Empire, car son corps resta plus de six mois en dépôt à Milan. Tantôt le tombeau qu'on lui préparait à Constantinople n'était pas en état de le recevoir, tantôt les dispositions n'étaient pas prises ou la saison ne convenait pas pour un si long voyage ^ : ses fils avaient bien d'autres soucis que celui de la sépulture paternelle I

Dans la Rome des premiers Empereurs, polythéiste et démocratique malgré la forme de son gouvernement, les funérailles impériales avaient été des apo-

!• Zosim,, IV, 59. — Âmbros., de Obit. Theodos,, oi.

théoses, et en effet, Tapothéose des Césars répondait au caractère essentiel de leur puissance. Incarnation du peuple romain, qui était dieu, et avait fait passer juridiquement en leur personne ses droits de souveraineté et son génie, les Césars étaient dieux : à ce titre, ils ne pouvaient mourir; ils ne quittaient ce monde que pour aller, dans celui des divinités de roiympe, prendre place parmi les influences célestes protectrices de la patrie. Tel était le sort des Empereurs dignes de ce nom, qu'un jugement solennel du sénat et du peuple confirmait, après leur mort, dans la succession d'Auguste, de Trajan, de Marc-Aurèle : ceux-là recevaient une apothéose publique; à eux seuls il était donné de vivre toujours de la vie romaine, et de confondre leur souvenir avec celui de la Ville éternelle ^ La mémoire des mauvais Césars était abolie, leurs actes rescindés, leurs noms effacés des monuments publics*, leurs corps obscurément ensevelis ou traînés aux gémonies par le croc des gladiateurs ^ le peuple-dieu les rejetait de son sein : Us avaient cessé d'être Césars pour n'être plus que des tyrans.

Comme conséquence de ces idées, l'image de la mort était écartée avec grand soin des funérailles des Empereurs païens, A peine le prince avait-il fermé les yeux, qu'un lit d'or et de pourpre était dressé dans la chambre la plus somptueuse du palais, et tandis que

1. Dio Cass.,Lvr, 46; lxx, 1; lxxiv, 5; lxxv, 7. — Plin., Panegyr, 11. — Hist. Augtist»y passim.

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