‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 53 sur 251 · In tribunalio quod dicitur. Philostorg., xi · texte numérisé non relu

In tribunalio quod dicitur. Philostorg., xi

de pourpre, ceignant son front d'un bandeau de perles, il le nommait à haute voix César ou Auguste. Les deux collègues descendaient ensuite, et, assis Fun près de l'autre dans le même char, ils rentraient lentement au palais par la Porte d'Or à travers la rue Triomphale. Tel était le spectacle que Rufln espérait donner en sa personne aux habitants de Gonstantinople dans cette journée du 27 novembre^ et pour lequel il se prépara avec une recherche presque féminine.

Ainsi que nous l'avons dit, Rufin était grand, beau de visage et d'une tenue martiale, et il calculait habilement reflfet de ces avantages sur la multitude. A côté d'Arcadius, dont l'apparence était si chétive, il semblait vraiment le prince et celui-ci le sujet, et à le voir balancer sa tête avec des grâces étudiées, on eût dit, suivant le mot d'un écrivain du temps, que l'Aquitain n'avait fait toute sa vie que porter un manteau de pourpre et rayonner sous un diadème ^ La foule, plus nombreuse d'instants en instants, s'amoncelait dans l'Hebdomon, laissant à peine libre l'espace destiné aux troupes.

Arcadius, à pied, se posta en avant de la tribune, ayant au-dessous de lui Rufin, et derrière, à quelque distance, les grands officiers de la cour : il n'attendit pas longtemps sans que l'armée parût, conduite par Gainas. Elle marchait en bon ordre, l'infanterie à gauche, la cavalerie à droite, et au premier rang de celle-ci les cataphractes, couverts d'une carapace d'acier, eux

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