‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 63 sur 251 · Ipsi quin etiam tali consorte fremebant Regales famuli · texte numérisé non relu

Ipsi quin etiam tali consorte fremebant Regales famuli

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8Zi RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE

jouissait même près des saints. C'était l'année de l'usurpation d'Eugène et des soulèvements païens de la Gaule et de Fltalie; or de grands doutes tourmentaient Théodose, déjà malade et affligé de la perte récente de sa femme Galla * : il se demandait si Dieu exigeait véritablement de lui une nouvelle guerre, à laquelle il ne survivrait peut-être pas, et si, contre tant de forces réunies, contre le sénat romain, contre le redoutable Arbogaste, Tespérance même d'une victoire lui était permise. Une défaite, se disait-il, pouvait compromettre la cause du catholicisme jusque dans l'Empire d'Orient et ruiner d'un seul coup le travail de toute sa vie. Dans cette cruelle incertitude, il dépêcha secrètement son chambellan vers un solitaire de TÉgypte, nommé Jean, qui passait pour avoir le don de prophétie*.

Eutrope avait pour mission de ramener à Constantinople, ou du moins de rapporter sa réponse aux consultations du prince. Jean refusa de quitter sa solitude; mais il dévoila à l'eunuque les chances obscures de l'avenir. « Dieu veut cette guerre, lui dit-il, et ton maître doit partir. Avec l'assistance du Ciel, il remportera une victoire longtemps balancée, mais il ne reverra jamais l'Orient ^ » Cette réponse décida Théodose, dont le cœur n'était pas fait pour de viles appréhensions, et il marcha avec joie au-devant de cette victoire que sa mort devait couronner, La mission d' Eutrope,

1. Voir mon Histoire de la Gauk sous la domination romaine t. II, 1. X. c. 3. — Philostopg., X, 7.

2. Eutropium, uaum ex euauchis palatii sibi fidissimum, in i£gyptum mittit. Sozom., vii^ 22.

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