‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 75 sur 251 · yplut Isthmi prsesidio securœ. Zosim.; v · texte numérisé non relu

yplut Isthmi prsesidio securœ. Zosim.; v

3. Quumque Gérontius Isthmi transeundi copiam ei fecisset. Zozim.,

changéauxinstructionsdu commandant du Péloponèse.

Eutrope, qui balayait avec tant de soin sur toute la surface de l'Empire les agents de son prédécesseur, avait oublié Gérontius, ou plutôt il le conservait à cause de sa mission qu'il connaissait parfaitement. En réalité, Eutrope approuvait le plan de Rufln vis-à-vis du régent d'Occident, et le laissait exécuter sans en prendre la responsabilité directe : éloigner Stilicon, occuper la Grèce en vue d'une attaque possible des Occidentaux, s'attacher Alaric et les Goths, comme une armée orientale, et tenir par eux l'Italie en échec, telle était la politique de la cour d'Orient, et telle elle fut pendant tou le règne d'Arcadius.

Tandis que les habitants de la Mégaride et de l'Attique cherchaient un refuge dans le Péloponèse, la mer Ionienne se couvrait de navires qui amenaient par bandes nombreuses en Italie des Péloponésiens fugitifs. Ces malheureux apportaient sur la terre d'Occident, avec le spectacle de leur misère, les malédictions de leur patrie contre le gouvernement d'Orient. Parmi eux se trouvaient des députés de Corinthe qui venaient implorer l'assistance d'Honorius, et assuraient que leur ville pouvait tenir au moins jusqu'au printemps; la vue de ces émigrants et leurs cris de détresse émurent profondément Tltalie : peuple, armée, sénat, tout le monde demanda qu'une prompte intervention vint sauver des voisins, des amis, des frères. Il n'y eut pas jusqu'à Honorius qui, touché peut-être par ces réminiscences classiques, montra dans la circonstance une chaleur inaccoutumée : on dit qu'il ordonna lui-même à son tuteur de préparer une flotte et une armée

d'expédition pour aller au secours de Gorinthe . Stilicon n'eut garde de différer, et à peine les vents d'équiiioxe laissèrent-ils la mer libre que la flotte cinglait vers la Grèce, sous le commandement même du régent; mais elle arrivait déjà trop tard. Le mur de l'isthme avait été forcé par la connivence de Gérontius : Gorinthe n'offrait plus qu'un monceau de débris; les milices du Péloponèse, en pleine déroute, regagnaient tristement leurs contrées natales, et Alaric marchait sur Argos*.

Stiliconse mit à sa poursuite et l'atteignit entre cette rille et Sparte. Les deux armées manœuvrèrent quelque temps dans des régions entrecoupées de montagnes et Je bois; enfin les bords de l'Eurotas furent le théâtre l'une sanglante bataille où les Goths furent défaits ^ Marie effrayé gagna en toute hâte les sources de ce fleuve pour passer dans la vallée de l'Alphée, et mettre, s'il se pouvait, les hautes chaînes de l'Arcadie entre son ennemi et lui : il n'y réussit qu'à moitié, pressé qu'il était sur ses derrières par l'avant-garde romaine, et engagé chaque jour dans des combats où il perdait beaucoup de monde. Pendant les marches et contre-marches qu'amena ce mouvement des armées, le pays qu'elles occupaient fut réduit en désert. Ici, pour protéger sa marche, Alaric abattait les forêts séculaires du Lycée ; là, pour brûler ses morts, il mettait le feu aux

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