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plus important, ils nous initient à la vie générale de leur temps. J'ai pu aussi puiser à pleines mains dans les trésors de Thistoire byzantine : je me sers, à dessein, de ce mot pour qualifier un corps de documents presque officiels, ou du moins émanés d'hommes bien informés et rompus aux affaires publiques, car la Grèce, aux v* et vf siècles, maintenait encore sa vieille réputation de savoir, quand les lumières s'éteignaient en Occident. Grâce à la diversité des sources et au nombre des auteurs, il est possible de reconstituer historiquement cette époque, d'une manière assez complète.
Peut-être suis-je abusé par ce mirage que produisent en nous nos propres idées, mais il m'a semblé que l'étude des derniers temps [de Rome sert merveilleusement à l'intelligence des premiers. Pour embrasser du regard le vaste Empire, si profondément marqué au sceau de la Providence, il faut le contempler du haut de ses ruines. Le but où il tendait fatalement, son vrai caractère dans la marche des sociétés humaines, et les bornes assignées à sa grandeur par la loi même qui la créait, tout cela ne se manifeste avec une entière évidence qu'à son heure suprême. Il jaillit de cette tombe de la Ville Éternelle je ne sais quelle traînée de lumière qui se projette sur son berceau. Née dans un asile de voleurs et de bannis,
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Rome part de là pour fonder une association de peuples. Ses armes sont pendant longtemps la violence et la perfidie, et, du sein de la plus terrible oppression qui fut jamais, sort cependant une société qui a pour droit humain la raison écrite^ pour droit divin rÉvangile. Ses moyens d'action changent avec les temps, son but reste invariable. Elle poursuit dans la mauvaise fortune l'œuvre entreprise dans la bonne : vaincue, elle complète ce que ses victoires laissaient inachevé. De la violence on la voit passer à la persuasion, de l'oppression à la justice, du commandement hautain aux enseignements du droit et de la charité, et, reine dans la paix comme dans la guerre, elle domine toujours le monde. L'instrument qu'elle a voulu briser dans ses jours d'orgueil est souvent celui qui la relève de l'abaissement et la sauve. Tantôt elle conquiert hors d'elle-même, portant la civilisation chez les Barbares les plus éloignés ; tantôt conquérante dans son^ propre sein, elle en subjugue d'autres que des nécessités^ insurmontables ont poussés jusqu'au centre de son Empire. Comme elle s'assimilait naguère ses sujets, elles'assimile maintenant ses maîtres. Cette dernière lutteentre la puissance immortelle des idées et la force brutale, déchaînée sur tous les points du monde, et triomphante de Rome, présente un magnifique et douloureux spectacle : c'est là l'histoire du v° siècle
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Que de contrastes pendant les douze cents ans cic la vie de ce peuple, qui des bords du Tibre se répand sur l'univers, remplaçant par la patrie idéale des institutions et des mœurs les nationalités qui tombent devant lui ! Agrégés violemment à son Empire, mais devenus frères sous sa loi, tous les peuples viennent à leur tour, comme Romains, briller sous la toge du citoyen et sous le manteau du légionnaire. Cartbage se glorifie du titre de Rome africaine, et les vaincus de César délibèrent au Capitole. La Gaule, l'Espagne, l'Afrique, la Syrie, la Pannonie mettent leurs richesses, leur sang, leur génie au service de cette ville devenue le monde, suivant la belle expression d'un Gaulois, poète et préfet de Rome^ Elles lui produisent des généraux illustres, des orateurs, des jurisconsultes, des poètes, des empereurs enfin. Au v® siècle, le tour des Germains est venu. A cette époque, on les trouve partout, au sénat, dans les lettres, aux armées principalement; ils ont la prétention d'être Romains, même en combattant contre les drapeaux de Rome. Alaric saccage la Ville Éternelle, parce qu elle lui refuse le titre de maître de ses milices.
Par la plus étrange des contradictions, le christianisme, que Rome voulait étouffer dans son berceau