‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 87 sur 251 · Opora prsedonum quorumdam... Zosim., i, v · texte numérisé non relu

Opora prsedonum quorumdam... Zosim., i, v

3. Neque Timasius neque Syagrius ex eo tempore conspecti fuerunt. Zosim., y, 9.

Pentadia fut Tobjet d'une autre aventure, dont les conséquences politiques furent plus graves. Ainsi que nous Tavons raconté tout à l'heure, elle s'était réfugiée

dans l'église de Gonstantinople, accompagnée de quelques amis, et réclamant pour leur tête et pour la sienne le privilège des asiles. Eutrope voulut les faire arracher de forcée Tévêque Nectaire s'y opposa, et, suivant toute probabilité, Tafifaire fut portée dTevant l'Empereur. Le ministre, interprétant dans un sens étroit rimmunité attachée aux églises, prétendait qu'elle ne pouvait s'étendre à des criminels de lèse-majesté; révêque répondait qu'aucune disposition légale n'ayant exclu cette nature de crime, la présence des réfugiés dans le sanctuaire les rendait inviolables. Le peuple de Gonstantinople appuyait sans doute les réclamations du clergé, et Eutrope jugea prudent de céder ; toutefois il résolut de faire interpréter par une loi le droit d'asile ecclésiastique, de manière à ce qu'il ne fût plus une sauvegarde pour ses ennemis. La loi parut Tannée suivante, 397, et causa une vive émotion dans le clergé catholique*. Quant à Pentadia, privée de son mari et de son fils, et tombée du faîte des honneurs dans le veuvage et la pauvreté, elle sç consacra au Dieu qui avait protégé ses jours, et devint diaconesse de l'église métropolitaine de Gonstantinople ^

i. Supplices divini numiais, et inter eos, Pentadi«im, ab ecclesia extrahere cçnatus est. Sozom., viii, 7.

2. Eutropius Ic-^em fcrri curavit, qua vetabatur ne quisquam ad ccclcsiam confugcret, et qui jam coafugissent, cxpelli jubebantur. Sozom., viK, 7.

3. Chrysost., A'p., 14. — Pallad., Vit. Chrysost,^ p. 89, 90.

L'importance historique de cette loi exige que nous en parlions avec quelque détail, et d'abord nous exposerons ce qu'était la législation des asiles dans les temps païens. Nous dirons ce qu'elle devint après l'introduction du christianisme. Nous exposerons alors en quoi consistèrent les innovations introduites par Eutrope, innovations qui soulevèrent de si violents débats.

A la naissance des sociétés romaine et grecque, le droit de refuge attaché aux temples avait été inviolable et sacré. A défaut des lois humaines, nulles ou impuissantes contre la force, on avait fait appel aux dieux, pour mettre sous leur protection la vie du faible, de rinnocent et même du criminel, jusqu'à ce que, les emportements de la passion s'étant calmés, la voix de la conscience pûtse faire entendre ; mais à cette époque même on trouva moyen d'éluder le privilège du sanctuaire, qu'on prétendait respecter, pourvu qu'on ne le violât pas directement. La passion alors recourait à des violations indirectes : tantôt on mettait le feu au temple pour forcer le réfugié d'en sortir, tantôt on en murait la porte pour Py faire mourir de faim, ou bien on en découvrait le toit pour l'y percer de flèches du haut des murs. Quelquefois on rendait impossible Taccès des asiles : celui de Romulus, à Rome, le plus sacré de tous, avait été à dessein tellement obstrué qu'on n'y pénétrait qu'à grand'peine K A mesure que la société s'adoucit, le droit d'asile dans les temples, réglementé par les lois humaines, devint un droit de convention qu'on étendit, diminua, supprima, suivant

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