In mercem veniunt Cilices, Judaea, Sophcne
Romanusque labor, Pompeianique triumphi.
Claud., In Eutrop,, i, v. 220-221.
INSURRECTION DES PROVINCES D'AFRIQUE làl
de Huns et de Golhs, poussaient leurs courses jusque dans l'Asie Mineure, d'où elles ramenaient captifs des femmes, des enfants, des troupeaux. Eutrope déclara qu'il irait lui-môme mettre fin à ces insolences, et qu'il se chargeait de cette guerre : on ne fut pas médiocrement surpris, mais on se tut. Il réunit en effet des troupes à Constantinople, s'affubla d'un costume guerrier pour les passer en revue, et partit avec elles pour TAsie, un long carquois au dos et l'arc au poing. Beaucoup d'eunuques désertèrent les gynécées pour le suivre*: c'était une sorte d'émancipation de cette race. Son apparition devant les lignes romaines produisit le plus grotesque des spectacles : à la vue de ce visage ridé qu'on comparait à un raisin sec, de ces membres efféminés pliant sous le poids d'une armure, au son de cette voix grêle et cassée qui singeait le ton du commandement, les soldats partirent d'un éclat de rire involontaire qui parcourut tous les rangs. Les Barbares en ûrent de même la première fois qu'ils l'aperçurent : « Les Romains n'ont plus d'bommes, se disaient-ils les uns aux autres; voyez leur générale »
Eutrope, sans se troubler de tout cela, acheva la campagne, se battit un peu, négocia beaucoup, s'aboucha avec les chefs ennemis, et obtint d'eux, à prix d'argent, qu'ils évacueraient TArménie et les terres romaines, puis il revint à Constantinople, avec quelques-unes des légions, dans une attitude triomphale.