‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 93 sur 251 · Et sentit jam deosse viros · texte numérisé non relu

Et sentit jam deosse viros

Claud., In Eutrop,, i, v. 243.

Comptant sur un accueil enthousiaste, il avait eu soin de paraître avec des vêtements poudreux, un teint hâlé, une armure en désordre \ toute Tapparence d'un guerrier las de combats et qui demande sa récompense; mais il ne rencontra que froideur et mépris : ses clients seuls et quelques flatteurs lui firent une espèce d'ovation*, à laquelle la population refusa de participer. Rentré précipitamment dans son palais pour y dévorer sa colère, il se jeta, ^it-on, dans les bras de sa sœur, et se mit à fondre en larmes. Eutrope se croyait héroïque : « Voilà leur reconnaissance pour tant de fatigues et de dangers, répétait-il en sanglotant! que n*ai-je péri au fond de la mer plutôt que d'être en butte comme je le suis aux tempêtes de l'envie ' ! » Nous ne connaissons guère cette expédition que par les satires qu'elle fit naître, surtout en Occident, où Ton s'amusa beaucoup et longtemps des exploits « de la vieille amazone », c'est le surnom que reçut Eutrope. Il n'en est pas moins vrai que le but de la guerre se trouvait atteint, et que les Huns, déposait les armes, se retiraient devant le ministre de l'Orient, au même instant où le régent d'Occident évacuait le Péloponèse en face d'Alaric.

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