‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 97 sur 251 · duplices disponerc classes · texte numérisé non relu

duplices disponerc classes

Quaî fruges vel bella forant...

Claud., de Laud. Stilidi,^ ï, \. iii)'î-'i^'if>.

VVN

l/>6 RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE

s'opérer en cas de guerre. C'était un retour aux vieilles lois de Rome, une restitution faite au sénat de droits précieux que les Empereurs lui avaient successivement ravis et qu'il n'avait cessé de réclamer \ La mesure fut donc accueillie avec joie, et donna quelque consolation aux Romains, parmi tant de sujets d'alarmes. Bientôt arriva un messaged'Honorius au sénat. Le jeune Empereur s'abstenait de paraître lui-même à Rome, et le régent en faisait autant, afin d'écarter sans doute toute apparence de pression sur les délibérations de l'assemblée.

Le message s'exprimait en termes modérés sur la conduite du gouvernement d'Orient dans les affaires d'Afrique et cherchait évidemment à ménager Arcadius, de qui l'on redoutait une intervention armée au profit de la révolte; mais il s'étendait longuement sur le caractère perfide, l'ingratitude et les crimes antérieurs de Gildon, crimes dépassés depuis par ceux dont il venait d'effrayer les villes romaines, et notamment Carthage, et par cette saisie odieuse de l'escadre frumentaire, dans la pensée d'affamer le peuple de Rome. Il concluait à la guerre et à des levées d'hommes extraordinaires, tant pour la soutenir que pour mettre l'Italie à l'abri d'un coup de main.

La délibération eut lieu avec une solennité inaccoutumée. On décréta la guerre contre Gildon, une levée d'hommes pour l'augmentation de l'armée, et

1« Neglectum Stilicho pcr tôt jam sœcula morem

Rctulit, ut ducibus maudarent praelia Patres.

Claud., de Laud, Stilich., i, v. 328-320.

antiqui species romana scnatus.

Claud., de Laud. Stilich., ii, v. 402.

lî^SURRECTION DES PROVINCES D'AFRIQUE W

des prières publiques à Tefifet de conjurer les maux de la famine^ Le sénat regarda aussi comme un devoir de rappeler le fils aîné de Théodose aux sentiments d'affection naturelle envers son frère, l'empereur d'Orient aux sentiments de concorde envers celui d'Occident, et afin que la leçon fût moins blessante pour le jeune souverain et pour ses conseillers, on pria Symmaque d'écrire la lettre en son propre nom, soit comme prince du sénat de Rome, soit comme ancien ami de Théodose*. Prince du sénat, grand-pontife du culte national, et son courageux et éloquent défenseur visà-vis des Empereurs chrétiens, Symmaque, aussi respecté pour son caractère que célèbre par son mérite, semblait Tâme et le génie de la vieille Rome. Sa lettre ne trouva pourtant à Constantinople qu'indifférence et mépris. Arcadius dut protester de son désir sincère de la paix : il était étranger à ce qui venait de se passer en Afrique; mais pouvait-il rejeter des peuples qui se donnaientà lui! Son gouvernement était romain comme celui de son frère; l'Afrique ne cesserait donc point d'appartenir à la grande unité de l'Empire. Telles furent sans doute ses raisons. Quant à son assistance effective en faveur des provinces insurgées, il n'en parla probablement pas, mais on savait à Rome que Gildon attendait l'arrivée prochaine d'une flotte et d'une armée annoncées par Eutrope.

Pendant ces vaines tentatives de négociations qui ne ramenaient ni l'Afrique sous le sceptre de l'Occident,

Page 1