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la région des savanes et des marécages qui se déploie autour du lac Abbittibi.
Sur les cartes des premiers voyageurs français et des Pères Jésuites, le territoire de Muskoka est indiqué comme étant entre “ l’ancien pays des Hurons, détruits et dispersés par les Iroquois en 1649, et le Pays des Outaouais. “ Les Français appelaient alors le lae Muskoka “ Petit
Lac des Hurons, ” et le lac Simcoe “ Lac Toronto.”
Quand les blancs commencèrent à faire le . trafic dans l’intérieur du continent américain, la première route qu'ils suivirent fut celle de la ; rivière des Outaouais et du lac Nipissing, en second lieu celle de la rivière Humber et du lac Simcoe, enfin celle de la rivière Niagara, entre les lacs Ontario et Erié.
En 1669, le Père Gallinée, parcourant en canot d’écorce le rivage occidental du lac Ontario, aperçut la rivière Niagara; mais ce ne fut qu'en 1678 que le Père Hennepin découvrit et contempla le premier la célèbre chute de cette rivière, que son prédécesseur n'avait fait que signaler, d’après les rapports des
SUR LES GRANDS LACS re
Indiens. Dès 1615 cependant, Champlain, remontant la rivière des Outaouais et la Mattawan, s'était avancé jusqu'au lac Nipissing, où 1l avait trouvé sept à huit cents Indiens, et de là, s'était engagé dans la rivière des Français, qui l'avait conduit jusqu’au lac Huron. A sa suite étaient accourus les “coureurs des bois ” les “ voyageurs ” et les trappeurs des Compagnies du Nord-Ouest et de la baie d'Hudson, à la recherche des fourrures, dont ils faisaient un riche butin et qu'ils allaient chercher jusqu'aux rivages de la Saskatchewan et de l’Athabasca.
Les voyageurs des premiers temps de notre histoire ont raconté les misères, les difficultés et les dangers de cette route, où ils étaient attirés par une étrange et irrésistible fascination qui a exercé son empire pendant près de deux siècles. Nombreuses étaient les croix qui s’élevaient, Jadis, comme des jalons funèbres, le long de cette route, pour rappeler le souvenir des braves, morts en luttant contre les rapides ou contre Vennemi caché dans les sauvages retraites des rivages :
‘ Seul, en ce bois, que j’ai eu de soucis !
Pensant toujours à mes si chers amis,
Je demandais : Hélas ! sont-ils noyés !
Les Iroquois les auraient-ils tués ?
E. GAGNON.— Chansons populaires du Canada.
La colonisation du territoire de Muskoka ne date que de 1863, vingt-deux ans à peine ! C’est en effet à cette date que fut passée par la Législature d’'Ontario l’acte intitulé “Free Grants and Homesteads Act”, qui ouvrait gratuitement aux colons toutes les terres non encore concédées du nord de la province, comprenant, outre le territoire de Muskoka, les districts d'Algoma et de Nipissing, et toute la partie septentrionale des comtés de Renfrew, Frontenac, Addington, Hastings, Peterborough, Victoria et Simcoe, une étendue en quelque sorte illimitée,
Grâce à la libéralité intelligente du gouvernement d'Ontario, la région des “ Free Grants ” qui, en 1863, n’était qu'une immense forêt, coupée de lacs innombrables et de quelques chaînons de montagnes ne dépassant pas une hauteur de mille à douze cents pieds, qui ne renfermait pas encore une seule habitation, qui avait le désavantage d’un climat. très froid l'hiver, puisque le thermomètre y est descendu jusqu’à qurante degrés centigrades, s’est néanmoins transformée au point de renfermer aujourd’hüi
une population de cinquante mille âmes, et plus de cent vingt townships, distribués entre la baie Georgienne et les rivages du haut Outaouais,
Portons maintenant nos regards à gauche, de l’autre côté de la baie Georgienne, et nous voyons s’avancer à perte de vue la longue presqu'île de Saugeen, qui renferme les trois immenses comtés de Huron, Grey et Bruce, et qui coupe en deux le lac Huron, de façon à former, d’un côté, le lac proprement dit, de l’autre la baie Georgienne, presque aussi grande que le lac Ontario.
Dans cette région également n'avait pas encore pénétré un seul colon, il n’y à pas-plus de quarante et quelques années. Les premiers établissements de Grey ne remontent qu'a 1842, et aujourd’hui, on y compte près de 100,000 âmes : le recensement de 1881 en donnait 74,128 exactement.— Bruce, qui ne date que de 1853, renfermait, en 1881, après vingt-huit ans seulement d'existence, une population de 64,774 âmes ; et enfin, Huron en compte 76,970, tout en étant à
peu près du même âge que les deux comtés