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admirer les hauts faits d'armes, que ne devonsnous pas sentir en présence de ces touchants et sublimes exemples qui illuminent d’un rayon doux et consolant bien des pages sanglantes ?
A-t-on remarqué, depuis un certain nombre d'années, quelle ardeur de recherches, quelle étude passionnée nos écrivains canadiens dirigent sûr Québec, point de mire pour ainsi dire unique, seul endroit du pays digne d’un intérêt qui se soutient dans tous les temps ? Le vieux Charlevoix avait déjà pressenti, dès 1720, ce que deviendrait un jour notre ville parmi les cités monumentales de l’histoire, et il s’écriait dans son enthousiasme : “ De même que Paris a été pendant longtemps inférieur à ce qu'est aujourd’hui Québec, de même il viendra un temps où celle-ci sera légale de Paris, et alors, aussi loin que l'œil peut atteindre, il ne découvrira sur les rives du Saint-Laurent que des villes, des demeures somptueuses, de riches prairies, des champs fertiles et des collines chargées de moissons, des quais superbes bordant la capitale, son
port entouré d’édifices et des centaines de navires y chargeant leurs opulentes cargaisons... SA
Ce temps n'est pas encore venu, mais le rêve de Charlevoix n’est pas non plus évanoui. Cent cinquante ans plus tard, de nos jours, un homme d'une nature d'élite, d’une imagination d’artiste, ému et enchanté par le spectacle grandiose qu'offre au regard notre fleuve, roulant dans un cadre de montagnes qui, tantôt, se poursuivent à perte de vue derrière l’horizon, en rassemblant tumultueusement leurs mamelons hérissés, comme des sanglots qui ont soulevé la vaste poitrine de la terre et se sont brisés en éclatant, tantôt s’abaissent sous la pression douce
de quelque gorge qui ondule sur leurs flancs,
tantôt coupent les cieux de leurs crêtes pelées et tondues par les orages, courbent avec fureur sous le vent du nord-est leurs forêts irritées, ou bien balancent aux souffles tièdes d'été leurs grandes ombres assoupies,. ...en présence d’un semblable spectacle, que la terre n’a nulle part répété, un autre homme a conçu, de nos jours, un rêve peut-être aussi grand que celui de Charlevoix, et, plus heureuxque son devancier,ila voulu en commencer sans retard la réalisation.
Cet homme à qui les Québecquois sont tenus
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de rendre un hommage reconnaissant, c’est lord Dufferin, l'ex-gouverneur-général du Dominion.
A peine avait-il mis le pied sur le rivage Canadien, que lord Dufferin, frappé de la beauté sans égale de Québec, en faisait sa demeure de prédilection. Cette préférence, ce beau feu, comme on disait jadis, était l'entraînement irrésistible d'une âme délicate vers les grandes œuvres de la création. Mylord avait étudié l'histoire de Québec et l'avait trouvée digne du cadre que la nature environnante fait à la ville, il avait compris surtout qu'il fallait faire quelque chose pôur cette noble cité qui perdait tous lés jours un lamnbeau de $on passé, ét qüe 14 décrépitude assaillait sur tous les points, en nénaçant de remplacer par des rides repoussantes la touchante majesté dés ruines. Lord Dufferin voulait relever le Québec qui s’écroulait, mais le relever en l’embellissant ; il voulait même ressusciter des mmonuménts entièrément disparus, retenir jusqu’à leur nom, maïs en leur dénrant un lustré inouï et uné disposition nouvelle tüi ne Fût plus un obstacle à la cireulation ; les rériparts, ceinture. génante et beaucoup trop étroite pour uné ville qui grandit, devaient être péréés de largés ouvertures, ét ne plus existèr désbr-
mails que comme un souvenir historique, en même temps qu'une promenade incomparable tout autour de la capitale.
Le plan de lord Dufferin consistait en un boulevard de ceinture qui, partant de la citadelle, y revint, après avoir fait le tour des remparts de la ville. Partout où les rues coupaient le boulevard, les deux côtés de l'intersection devaient être réunis par un pont d'architecture normande, avec une tourelle pour en relever l'aspect et en compléter l'effet artistique.
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Le Canada fut dès l’origine une colonie religieuse eb son gouvernement un gouvernement théocratique. Convertir les sauvages, les gagner à la foi catholique, tel était le premier objet de ses fondateurs, objet déclaré, maintes fois proclamé. Il était donc nécessaire à. l'efficacité de : ce but que les établissements religieux prissent pied, qu'ils pûssent se maintenir et fûssent pro-
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tégés contre les attaques continuelles des sauvagés ennemis, qui pouvaient tout oser impunénent sur le petit groupe de maisons dont se composait alors la colonie entière. De là, l’origine des fortifications.
Champlain avait jeté dès l’année 1620 les fondemnents d’un fort, qui devint avec le temps le château Saint-Louis, et, pour y parvenir dù bas du cap, il avait fait ouvrir un sentier tortueux, qui fut plus tard “ la côte de la Montagne.” Montmagny, son successeur, fit construire en 1636 un rempart de cèdre et de chêne, rempli de terre et capable de porter des canons. Le fort avait alors quatre arpents carrés et formait un parallélogramme à chaque angle duquel, faisant face à la ville, le gouverneur fit élever un baëstion en pierre. Soixante ans plus tard, Frontenac fit élever onze redoutes communiquant entré elles par des courtines de dix pieds de hauteur, faites de pieux et soutenues par des remblais de térre. Sur un côté du fort, il y avait une battèñie de huit canons; les fortifications s’éten-