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3 e PROMENADE DANS LE VIEUX QUÉBEC 229
ville, qui ne comprenait que quelques rues, dont la principale était la rue Saint-Louis, appelée Grande Allée, encore à moitié cmbragée par la forêt, et où ne se trouvaient que quelques établissements militaires
Le reste de la ville était encore occupé aux trois quarts par d’autres établissements militaires et sutout par des maisons religieuses, tels que les couvents, les hôpitaux, les églises, le séminaire, le collége des Jésuites. ... auxquels aboutissaient tous les chemins, ce qui les rendait extrêment tortueux, parce qu’il était impossible de suivre un plan régulier, chacun se bâtissant comme il le pouvait là où le roc était le plus facile. Il en résultait un double avantage ; c’est qu'on pouvait rassembler en un elin-d'œil sous la main toute la population, si un ennemi extérieur venait subitement à la menacer; et d'autre part, il n’y avait pas d’excuse possible pour ne pas aller à la messe. Aujourd’hui, le plan des rues n’a pas beaucoup changé ; seulement, il y en a qui font le tour des églises.
En 1720, sous la direction de Chaussegros de Léry, ingénieur civil, on commença à construire les vraies fortifications, avec des remparts de pierre et des bastions au sud-ouest, suivant lés règles dé l’art. Une partie de cés fortifications éitadelle. En 1795, lorsqu'on abattit, pour les refaire, la plupart des vieilles fortifications du cap, on trouva la pierre commémorative des fondations de 1720. Depuis cette dernière date jusqu'à la conquête, les remparts restèrent les mêmes ; à cette époque, ils furent réparés par les
Anglais ; ils le furent encore en 1775, et enfin,
successivement, des augmentations eurent lieu et des ouvrages extérieurs s’élevèrent du côté de la terre, jusqu’à ce que les fortifications prissent la physionomie que nous leur voyons depuis un demi-siècle.
Ces fortifications consistent en bastions, réunis par des courtines et des remparts de vingtcinq à trente pieds de haut ; la Citadelle et les çonstructions et terrains qui en dépendent cou-
vrent une superficie de quarante arpents, que domine la batterie de Brock, élevée sur un monticule qui fait face aux plaines d'Abraham. Cette batterie est le point le plus élevé de tout l'ensemble des fortifications, et a pour objet d'offrir une résistance suprême à l'ennemi qui ‘aurait emporté d'assaut toutes les autres défenses. Comptons en outre les quatre tours Martello, que l’on voit exposées sur les routes de Saint-Louis et de Sainte-Foye. Ces tours sont construites en mur très épais du côté de la campagne, et en mur relativement mince du côté de la ville, de sorte que le feu de la Citadelle pourrait aisément les abattre si un ennemi venait à s’en emparer.
Cet ennemi est attendu depuis cent quinge ans ; voilà en effet cent quinze ans qu'a eu lieu le dernier siége de Québec, et, depuis lors, les quatre tours Martello ont l'air d’avoir été toujours en s’amincissant de plus en plus. On pourra regarder à travers dans cent autres années, si les Américains mettent encore un siècle
- à se décider à prendre Québec. A l’heure qu'il
est, ces quatre tours feraient à un ennemi rérieux le même effet que ces croquemitaines en paille, le corps planté dans un manche à balai, qu’on s’imagine devoir effrayer les corneiles, suivant ce qu'aflirme l'usage traditionnel, chose sacrée qui menace de n’avoir plus bientôt d'autre nom que celui de “ routine” ou “ encroûtement. ”
Après avoir quitté l'enceinte de la Citadelle, nous suivrons le rempart et nous traversérons la rue Saint-Louis, sur un pont qui serä Construit à l'endroit où était l’ancienne porte. Les glacis, qui s'étendent à gauche, jusqu’à la rue Saint-Jean, seront complètement nivelés pour faire place à un joli parc entouré d’une grille ; la porte Saint-Jean sera démolie à son tour, malgré l'admiration qu’elle inspire aux gens familiarisés avec les grands monuments grecs où romains; un pont la remplacera également, et nous continuerons jusqu’à la rue Richelieu qui fera, aussi elle, brèche à travers le rempaït et ira rejoindre la rue Sainte-Hélène, qui passe devant l’église irlandaise. Rappelons, en passant,
que cette église date déjà de 1832, année terrible que deux générations se rappellent encore avec effroi, et, qu'à l’occasion de sa fondation, - les protestants de Québec se signalèrent, malgré la terreur qu'un fléau jusqu'alors inconnu répandait sur la ville, en la faisant déserter de ses meilleures familles ; c’est de leur part en effet que vinrent les plus généreuses souscriptions pour la construction de l'église Saint-Patrick.
Après avoir passé la porte Saint-Jean, nous suivons sur le rempart la rue de l’Arsenal, nous longeons le jardin militaire, puis nous débouchons sur la rue du Palais, en laissant dérrière nous les casernes de l’Artillerie, que les Français avaient commencé à bâtir en 1750. Nous traversons la rue du Palais et nous montons jusqu'au sommet du promontoire, ax bas duquel passait autrefois une seule rue étroite, la rue Saint-Paul, qui se baignait presque dans la rivière Saint-Charles. Là se trouvait, il n’y a pas plus de vingt ans, un affreux corps de garde, sale, noir, hideux, qui à été abattu en même temps que le rempart à baissé ; maintenant, cet
espace est nettoyé, délivré, ouvert au grand air, et la vue s'étend librement sur toute la vallée de la rivière Saint-Charles et les montagnes qui s'échelonnent en arrière, jusqu’à l'horizon qui les confond avec le ciel. ;
Cependant, il y a des gens qui regrettent l’infecte corps de garde et la misérable porte du Palais, qui laissait*à peine passer une voiture péniblement traînée par un cheval haletant, essoufflé, morfondu à mi-côte, après avoir fait le double du chemin; en plongeant dans les cahots, tournant les bosses, biaisant, longeant, qui avançait d’un côté, qu’on ramenait de l’autre, montait en zizag comme si on l’eût tirebouchonné de bas en haut, et qui, lorsqu'il était arrivé au haut de la côte, chance qu’il n'avait pas toujours, restait tout roide, étiré sur ses pattes, et la queue aplatie.
On ne saurait croire Jusqu'où certaines personnes poussent le goût des antiquités. Il suffit qu'une chose soit décrépite, bien salie, bien déchiquetée, bien ratatinée, nauséabonde et informe, mais qu’elle ait cent ans, pour qu'elles la pressent sur leur cœur. C’est là une passion comme une autre, mais, heureusement, la plus ridicule de toutes, car si la passion pour le beau
Le.
fait faire bien des folies, que doit-on attendre
de la passion pour ce qui est laid, et vieux par dessus le marché ? On tombe assez souvent à ce sujet dans une confusion grotesque ; on prend aisément pour l'amour de l’antique une monomanie puérile qui s'exerce incessament sur une foule de petits objets sans importance, qui sy perd & s'y noie, en laissant de côté les grands traits, les grands souvenirs, les véritables monuments de l’histoire et les lecons qu’ils renferment. Ceux qui sont atteints de cette maladie visible fouillent avee ardeur des champs de bataille pour y trouver des talons de bottes, et consulteront les mémoires et les récits de toute une génération, feront comparaître devant eux cont vétérans pour savoir si la culotte de Montcalm était en peau de daim ou en peau de chamois. Ce qu'il y a de plus amusant, c’est que l'amour des boutons de guêtre d’un autre âge devient une vraie rage ; il y a des gens qui passent toute leur vie à la recherche d’un tibia et qui barbouilleraient dix rames de papier, pour démontrer l'endroit exact, à six pouces près, où Wolfe a rendu l'âme. J'avoue, pour moi, que jaime mieux envoyer vingt-cinq billets deux par jour à une. jolie femme, qui vit de mon temps, que d'adresser cinquante volumes à la
eâline d’une vénérable matronne, qui avait lhonneur de causer avec mon bisaïeul.
Sans vouloir médire de nous-mêmes, outre mesure, l’occasion n'est-elle pas excellente pour dire tout doucement, en passant, que le goût du vieux pour le vieux est une de nos grandes faiblesses, à nous, Québecquois. Il n’y a rien entre autres que nous aimions autant que les maisons brûlées, et il va s’en dire que plus 1l ya temps qu'elles le sont, plus nous y tenons. . Ça devient antique !
Nous avons vraiment trop de he pour 0ccuper notre vie, sans aller la remplir des ruines du passé; ce n’est pas que l’archéologie et la recherche historique ne soient de nobles occupations, des sciences absolument indispensables ; non, certes, car sans elles il n’y aurait que ténèbres autour de nous; la éonnaissance et le pro-
grès de l’art seraient impossibles, de même que
la conduite des affaires humaines; l'expérience des temps passés, si féconde, serait perdue pour nous, de même que les plus beaux monuments de
l'esprit humain, qui restent l'éternel exemple, Véternel stimulant de toutes Îles générations, Mais il ne faut pas confondre ce travail plein d'enseignements, qui met en activité toutes les facultés de l'esprit, l'examen, le raisonnement et la critique, avec le pitoyable abus que des esprits, bornés aux petits côtés des choses, en font sous prétexte d'approfondir ; cette manie misérable est à la recherche historique comme la grimace est à la physionomie ; de même, l'amour dés vieilléries, des masures séculaires, des constractions, qui n'ont d'autre intérêt que pärée qu'elles se sont pas de notre siècle, na riè de ééimian avec la noble passion de l’antiqée déi porte An Fürmière dans le passé, a Heu d'y eher- | éher des entasséments de ruines pour s'en berrer lé éhemit.
Québec avait été fondé depuis un péü plis dé quart de siècle, mais ne contenait guère plüs de cinquante à soixante habitants. Les é6lons, arrivant dans un pays barbare, pavés, “énquant de tout, imaceouturmés aix ‘Hrk,
étaient souvent malades ; de même, les sauvages qui, devenus vieux et infirmes, n'étaient plus
qu'un objet d’éloignement pour les leurs, avaient besoin d’un asile ; c’est'alors que la duchesse d’Ai-
guillon, désireuse-de propager la foi parmi les Indiens, de secourir les maux et de recueillir la
faiblesse, donna une rente de 1,500 livres, sur un capital de vingt mille, pour fonder un hôpital dédié au précieux sang du Sauveur.
Tel est le point de départ de l’Hôtel-Dieu.
Trois Hospitalières partirent donc de Dieppe, le 4 mai 1639, accompagnées de Madame de la
Peltrie et de trois sœurs Ursulines, pour venir .
fonder le premier hôpital du nouveau monde ; de ces trois Hospitalières, l’aînée, la supérieure, n'avait pas vingt-neuf ans, et la plus jeune seulement vingt-deux. A leur arrivée à Québec le ler Août, ce fut une grande fête, une réjouissance, une manifestation comme on n’en vit pas
pendant un siècle ; les magasins furent fermés, -
les troupes tenues sous les armes, tout travail suspendu et le canon tiré du fort. Les Hospita-
lières, en débarquant, embrassèrent la terre pro-
mise de leurs futurs labeurs, et, certes, de rudes
labeurs les attendaient en effet, et surtout d’affreuses privations, une longue misère et desin- o
quiétudes de tous les jours sur le sort du lendemain.
Elles eurent faim et elles avaient à peine pour tout vêtement que l'uniforme de leur ordre ; l« colonie était si pauvre que non séulernent elles ne trouvèrent pas les aliments nécessaires, mais qu’elles eurent à grand’ peine, pour se loger, uné petite maison qui n'avait pour tout ameublemént qu'une table et deux bancs. Pendant quinze jours, après leur arrivée, elles couchèrent sur des branches d’arbres étendues à terre, et elles furent même obligées avant longtemps d'abandonner leur première installation, à cause des obstacles qu'offrait le roc et de la dificulté d'avoir de l'eau. Elles allèrent à Sillery où elles s'établirent, près des Jésuites ; mais, au bout de quatre ans, les Iroquois les ayant obligées à revenir, elles reprirent la construction de l’Hôtel- Dieu, le 16 mars 1646. On les vit alors aideï elles-mêmes les ouvriers et travailler de leurs mains à la pose des pièces. En 1649, elles pouvaient donner asile au reste des Hurons, qui étaient réfugiés à Québec après leur dispersion par les [roquois.
Le premier hôtel-dieu était en bois et n'avait qué qüatorze pieds de largeur; le 15 oétobte
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1654, elles en commencèrent un autre, dont le gouverneur Lauzon posa là première pierre ; cet édifice fut fini en 1658. En 1660, les incursions continuelles des Iroquois les obligèrent à cher: cher refuge pendant trois semaines dans la maison des Jésuites ; le 5 mai, 1672, elles ajoutèrent à l’hôtel-dieu une aile et un nouveau corps de bâtisse, et Talon fit déposer dans la pierre une
‘inscription commémorative de la duchesse d’Ai-
guillon.
En 1696, de nouvelles augmentations vinrent compléter l'édifice, qui revêtit alors à peu près: sa forme actuelle et s’étendit sur une superficie d'environ douze arpents ; mais la rente qu'avait donnée la duchesse d’Aiguillon était devenue fort disproportionnée avec les dépenses toujours grossissantes de la maison, de sorte que ce n’est qu’à force d'économie, d'industrie, grâce à une subvention annuelle de l'Etat et aux dots apportées par les religieuses, que l'hôpital à pu se maintenir et arriver même à une situation rela. tivement florissante, puisque aujourd’hui l'Hotel- Dieu possède douze maisons dans la ville, une terre à Saint-Sauveur, des baux emphythéotiques dans le faubourg Saint-Jean, une ferme à la Canardière et une concession dans le fau-
bourg Saint-Vallier. Quatre-vingts lits y sont occupés en moyenne, constamment, par les malades, dont le traitement et l'entretien coûtent environ 3,000 dollars par année, tandis que la subvention de l'établissement ne s'élève qu'à 8640. Il n’y a que six domestiques dans tout l'établissement, les religieuses faisant ellesmêmes le ménage, l'ouvrage de la maison, et soignant les malades ; elles prennent deux heures de récréation par jour et soignent les malades deux par deux, durant la nuit, à tour dé rôle. Dans la chapelle de l'hôtel-dieu, on trouve des peintures de maitres, telles que la Nativité de Stella, la Vierge et l'Enfant de Coypel et un saint Bruno du grand. LeSueur.
Nous avons vu plus haut que les Hospitalières étaient venues en Canada avec trois sœurs Ursulines, sous la direction de Madame de la Peltrie. Ce fut en effet Madame de la Peltrie qui fonda le couvent où, depuis deux siècles, les’ jeunes Québecquoises recoivent leur éducation. Disons un mot de cette vénérable institution, Si
chère à notre société, si intimement liée à la première histoire et à tous les développements de la colonie.
L'objet des Ursulines était d’instruire les filles des Indiens convertis aussi bien que les filles des Canadiens. Un fait qui donnera quelque idée de la pénurie de toutes choses où se trouvait alors la colonie, c’est, qu'à peine arrivée en Ca-
- nada, Madame de la Peltrie fut obligée de se défaire dé ses propres vêtements pour habiller les enfants pauvres ; on peut imaginer d’après cela quelle vie .de privations les Sœurs durent éprouver pendant la période qui suivit leur établissement. C’est en 1645 qu’elles complétèrent leur premier couvent. A cette époque, la rue Saint-Louis n’était qu'une trouée à travers la forêt, sans une seule maison, et s'appelait la Grande Allée. Parallèlement à la Grande Allée était une route étroite appelée le “petit chemin,” qui conduisait aussi dans la forêt et qui recevait une source coulant du cap jusque dans la rue des Jardins. En 1650, le couvent des Ursulines prit feu, et les Sœurs durent se réfugier chez
EN
‘Madame de la Peltrie, dont la maison était en
face: Trente-six ans plus tard, en 1686, pendant la |
messe même de sainte Ursule, un nouvel inéen-
die détruisit tout l’édifice ; mais telle était l’utilité des Ursulines que tout le monde travailla à réparer le désastre ; c’est alors que les habitants de Trois-Rivières, frappés d’un pareil témoignage, demandèrent à l'évêque de Québec, Mgr.
de Saint-Valier, l'autorisation de fonder dans —Teur bourgade un autre couvent des Ursulines, ce
qui fut fait en 1697.
Les recettes provenant des élèves des Ursu-
“lines ne s'élèvent jamais au niveau des dépenses, mais pour couvrir le déficit, les Sœurs ont des
“propriétés considérables parmi lesquelles on peut
‘mentionner ; le fief de Sainte-Anne, dans la sei-
gneurie Lauzon, le fief Saint- -Joseph, dans la banlieue, et la seigneurie de Sainte-Croix, enfin
‘ün terrain de quarante arpents en superficie sur
lés-bords-de la rivière Saïnt-Charles, dont leur
-avait fait cadeau le gouvernement français. C’est
dans le couvent des Ursulines qu'a été enterré Montcalm, et l’on peut y lire cette inscription
qu'a déposée en 1832 le gouverneur-général lord Aylmer: “Honneur à Montcalm ! le destin, en lui dérobant la victoire, l’a récompensé par une mort glorieuse. ”
On connaît la règle sévère de ce couvent qu’habitent seules les religieuses cloîtrées. Aucune personne du sexe masculin, ou du sexe laid, car il paraît que c’est la même chose, n’a pu dépasser le parloir de la communauté, lequel se trouve à l'entrée même. Cependant il y a eu, dans l'intervalle de deux cent soixante-cinq ans, deux exceptions à cette règle ; l’une fut en faveur du prince de Galles, lorsqu'il visita le Canada, il y a trente ans, son privilège royal le mettant au dessus de l'exclusion commune... ; l’autre, ah! l’autre, c’est tout un poëme ! Nous allons le raconter en prose.
C'était pendant la nuit du ÎS octobre 1838.
Deux prisonniers, qui resteront longtemps célèbres parmi les souvenirs de cétte époque, Dodge
‘et Theller, s'étaient enfuis de la citadelle avec une hardiesse et un bonheur incroyables; on ne
découvrit leur fuite que le lendemain matin, comme cela arrive généralement, lorsque les gardiens sont ivres-morts. Grand émoi dans la citadelle, tocsin retentissant par toute la ville, patrouilles aussitôt mises sur pied. Il était certain que les deux évadés n'avaient pu sortir de la ville, vu qu'à cette époque de trouble, les portes étaient fermées de bonne heure le soir, et toutes les issues sévèrement gardées. Mais où étaientils ? Comment diriger les recherches ? On savait que dans la rue Sainte-Ursule demeuraient quelques hommes qui, s'ils n'étaient pas tout à fait compromis dans la rébellion, ne se signalaïient pas par un loyalisme entêté ; on crut qu’il était adroit de chercher de ce côté, et, comme le jardin des Ursulines donnait sur l'arrière de la rue Sainte-Ursule, l'idée vint que Dodge et Theller s'y étaient probablement refugiés.
En conséquence, un corps de soldats se présenta aux portes du jardin que les religieuses durent ouvrir. Parmi eux s'était glissé un tout jeune homme que personne n'avait remarqué, (comme qui dirait une jeunesse), et qui, une fois dans le jardin, s'était caché parmi lés broussailles en attendant que les soldats repartissent, ce qu'ils ne tardèrent pas à faire, bredouille.