‹ Recits des temps Merovingiens (volume 3)Chapitre 4 sur 6 · C'L AT · texte numérisé non relu

C'L AT

vnit dan- ■ ■ l -^m:- ' bUiLi-j du rnpiM'ial .

La nuii i;...u;.;.ait que r(jvO(iue de T-;'

ivpir chanté l'office des nocturnes, reposaii ila: jarternent, il entendit frapper à coups redoublés de la maison. Etonné de ce bruit, il fit desceiiv 3es serviteurs,- qui lui rapporta que des messaf reine Fredegonde demandaient à le voir. Ces p été introduits, saluèrent Grégoire au nom de h\ lui dirent qu'ils venaient le prier de ne point ;>e mu contraire à ce qu'elle désirait, dans l'affaire soumi; concile. Ils ajoutèrent en confidence qu'ilS; avaient m' de lui promettre deux cents livres d'argent, s'il îc'- ' comber Prœtextatus en se déclarant contre lui, de Tours, avec sa prudence et son sang-froid n . objecta d'une manière calme qu'il n'était pas seul juge de la cause, et que sa voix, de quelque côté qu'elle fût, ne saurait rien décider. « Si vraiment, répliquèrent les en* « Yoyés, car nous avons déjà la parole de tous les au';:- r « ce qu'il nous faut, c'est que tu n'ailles pas à l'enco)!' L'éveque reprit sans changer de ton : « Quand voii - ^ « donneriez mille livres d'or et d'argent, il me scraii .« possible de faire autre chose que ce que le Seigneur cour « mande; tout ce que je puis promettre, c'est de me ré'Mùi « aux autres évêques en ce qu'ils auront décidé confoi iné- (( ment à la loi canonique. » Les envoyés se trompèrent sur le sens de ces paroles, soit parce qu'ils n'avaient pas la moindre idée de ce qu'étaient les canons de l'église, soit parce qu'ils s'imaginèrent que le mot seigneur s'appliquait au roi, que, dans le langage usuel, on désignait souvent par ^ ce simple titre, et, faisant beaucoup de remerciemenî il? sortirent, joyeux de pouvoir porter à la reine la bon; ponse qu'ils croyaient avoir reçue. Leur méprise a. ., l'éveque Grégoire de nouvelles importunités, et lui permit de prendre du repos jusqu'au lendemain matin.

Les membres du concile s'assemblèrent de bonne pour la seconde séance, et le roi, déjà tout rcni-^ désappointements, s'y rendit avec une grande y Pour trouver un moyen d'accorder son serment c , avec le projet de vengeance que la reine s'obstinait ^ suivre, il avait mis en œuvre tout son savoir 1 ''^ théologiquc; il avait feuilleté la collection des s'était arrêté au premier article décernant contre ; i peine la plus grave, celle de la déposition, i'

KÉCITS DF« TEMPS MlillOVINGIENS

lus pour lai que de charger sur nouveaux frais reve< !e Rouen dun crime prévu par cet article, et c est ce - l'embarrassait guère; assuré, comme il croyait l être, aies les voix du synode, il se donnait libre carrière j iit f'-impu talions et de mensonges. Lorsque les juges et riccu'^6 eurent pris place comme à l'audience précédente, Hilnerik prit la parole, et dit avec la gravité d'un docteur eommentant le droit ecclésiastique : .<- L'évéque convaincu « de vol doit être destitué des fonctions épiscopales; ainsi „ en a décidé l'autorité des canons. » Les membres au

.le étonnés de ce début, auquel ils ne comprenaient

. . , ,)emandèrent tous à la fois quel était cet évôque à t^uWon imputait le crime de vol. « C-est lui, répondu le l roi en se tournant vers Prœlextatus avec une singulière « impudence, lui-même, c! ' ■z vous pas vu ce q» u « pm-s a dprobé?

rappelèrent en eliei les deux ballots d'étolïes el U , ■ . o-ent que le roi leur avait montrés sans expliquei ,roù provenaient ces objets, et quels rapPorts ils avaient dr.ns sa pensée aux charges de l'accusation Quelque ou- "reante que fat pour lui cette nouvelle attaque, Pra> te.- = alus répondit patiemment à son adversaire : « Je (lois m e vous detez vous souvenir qu'après que la remc <. Brunehilde eut quitté la ville de Rouen, je me fndis „ près de vous, et vous informai que j'avais en depfrt chez mof les effeU de cette reine, c'est-à-dire cinq ballots <, d'un volume et d'un poids considérables; que ses ser- „ videurs venaient souvent me (demander f '^s rend e^ ,. mais que je ne voulais pas le faire sans votre aveu \ ous me dîtes alors : Défais-toi de ces choses, et qu eli... re- « tournent à îa femme à qui elles appartiennent, oc „ au'il n'en résulte de l'inimitié entre moi et mo^^ „ Hildebert. De retour dans ma métropole, je remis au., serviteurs un des ballots, car ils n'en pouvaient porter davantage. Ils revinrent plus tard me demahder les a^i» et i'allai de nouveau consulter votre magn.l.p.^noe. -, L'ordre que je reçus de vous fut le, même que m°ère fois : Mets dehors, mets dehors tontes et. ô évêquè de peur qu'elles ne fassent naître^des que- "Piier le leur ai donc remis encore deux ballots, et : leïdeuïaSes^ont restés che. -^^^-^^^^'^^ « quoi me calomniez-vous ei a, d'obiels « puisqu'il ne s'agit point ici û i -^^^^^ aoD.ievs

« confiés à ma garde? «

ATIUÈME RÉCIT

« Si ce di' ^^gf t^' remis en garde, » répliqiïa h-

r.)i, donnant. - ^^ncerter, un autre tour Ta^^'u-

sation, et quill,.,:, . plaignant pour celui de par lie

publique, « si lu ■ csitaire. pourquoi as-tu ouveri

" 1 un des baHot^. . .-a as-tu tiré une bordure de ro]>c- « ^i^^ne de fils d"iH\ 4ue tu as coupée par morceaux, aiiii « de la distribuer a de^r hommes conjurés pour me cbasser

" df i;!;.su rojMUmc ?»

L'^u:ru:^j' reprit avec ; ^ ■--liie : ^< Je t'ai ^ " luie fois que ces -'.jl^id fait des ,

^< N'ayant à moi, pour io uiument, rien que je pusse ir,u « donner en retour, j'ai puisé là, et j-e n'ai pas cru um « f;ure; je regardais comme mon propre bien ce qui appar- « tenait à mon fils Merowig, que j^ai^enu sur les fonis de « baptême. » Le roi ne sut que répondre à ces paroles, où se peignait avec tant de naïveté le sentiment paternel qui était pour le vieil évôque une passion de tous les instaufs,. et comme une &orte d'idée fîxe. Hilperik se sentait à bout de ressources; à Tassurance qu'il avaïE montrée d"abord, succéda un air d'embarras et presque de confusion; il fit lever brusquement la séance, et se retira encore plus déconcerté et plus mécontent que la veille. '

Ce qui le préoccupait surtout, c'était ratcueil qu "aprèsun e semblable déco-nvenue il allait infailliblement recevoir de l'impérieuse Fredegonde, et ii semble qu'en effet soa retour au palais fut suivi d'un orage dom.estique dont la violence le consterna. Ne sachant plus que faire pôur écraser, au, gré de sa femme, le vieux prêtre dont elle avait juré la perte, il appela auprès de lui ceux des membres du concile qui lui étaient le plus dévoués, entre autres Ber-- *,liramn et Raglienemod. « Je l'avoue,, leur dit-il, je suis « vaincu par les paroles de l'évôque, et je sais que ce qu'il dit est vrai. Que ferai-je donc pour que la volonté « de la reine s'accomplisse à son égard? » Les prélats, embarrassés, ne surent que répondre; ils restaient mc-rnes et silencieux, quand tout à coup le roi, stimulé et conimi^inspiré par et mélange d'amour et de crainte qui formriî. sa passion conjugale, reprit avec feu : « Allez le irn-w v. « et, faisant semblant de lui donner conseil de \*yr~\i'^^ mes, dites-lu^ ' ^ ^ que le roi Hilperilî e-'' facile à ém/- laisse aisément gag;c

M miséricorde: -vaut lui, et d" ■ - -

« piaire que le choses dont c

?0 RÉCITS DES TEMPS MÉIiO VINGÎENS

< nous nous jeTn^ons lous h ses pieds, et nous obiieridr. is 7 a grâce. » %

roit que les évêques eussent persuadé à leur crcdulf <3t ' -:ole collègue que le roi, se repentant de se-s poursu'.es, vi.ulait seulement n'en pas avoir le démenti, soit qu'ils i'tjussent effrayé en lui représentant que son innocen^^o devant le concile ne le sauverait pas de la vengeance ; ly-.lo s'il s'obstinait à la braver, Prœtextatus, intimidé d".iiil. :!!■ par ce qu'il savait des dispositions serviles ou véna). - 'îa plupart de ses juges, ne repoussa point de si tirai! conseils. Il réserva dans sa pensée, comme mie dernier ■ chance de salut, la ressource ignominieuse qui lui était offerte, donnant ainsi un triste exemple du relâchement, -moral qui gagnait alors jusqu'aux liommes chargés de maintenir, au milieu de cette société à demi dissoute, la règlf^ du devoir et les scrupules de l'honneur. Remerriés : . ! ■ d'un bon office par celui qu'ils trahissaient, îos rvrilèrent porter au roi Hilperik la nouvelle du ^i';-leur message. Ils promirent que l'accusé, donii;;î)' . iii dans le piège, avouerait tout à la première lui ci'peilation; et Hilperik, délivré par cette assurance du soîk i d'inventer quelque nouvel expédient pour raviver la procédure, résolut de l'abandonner à son cours ordinaire. Les choses furent donc remises pour la troisième audience précisément au point où elles se trouvaient à la fin de la première, et les témoins qui avaient déjà comparu furent assignés de nouveau, pour confirmer leurs^ précédentes allégations.

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