‹ Récits des temps révolutionnaires; d'après des documents inéditsChapitre 17 sur 17 · AUTOUR DU HOCHE · texte numérisé non relu

AUTOUR DU HOCHE

derniers eiïorts du royalisme, citoyen Directeur; je vous en félicite et vous prie d'agréer, avec les témoignages de la reconnaissance de l'armée que je commande, la nouvelle assurance du zèle et de l'est i me que je vous ai voués. Il faut ajouter à la victoire que nous vous devons, la compression et la destitution prompte de tous les agents que les traîtres avaient répandus dans les administrations civiles et militaires ; par là vous anéantirez le germe de la corruption et vous aurez sauvé la patrie. »

Non content de prodiguer ces flatteries aux Directeurs personnellement, il les renouvelle à la collectivité du Directoire.

« Citoyens Directeurs, le Peuple français, par votre énergie et grâce à votre persévérance, vient de recouvrer sa liberté; vous connaissez, Citoyens Directeurs, l'horreur dont j'étais animé pour les conspirateurs; plus elle était profonde, plus je dois me réjouir de la grande victoire que vous venez de remporter. »

Puis, sans être frappé par ce qu'il y a eu d'odieux dans la conduite des Directeurs qui ont préparé et accompli le coup d'état, dans les traitements barbares qu'ils ont infligés aux vaincus et par la tache qu'il va lui-même imprimer à son

nom, il dénonce Kléber « comme ami de Pichegru », fait destituer le général de Salm « comme un vil espion » et, sous un prétexte, il expédie à Paris les généraux Férino, Souham et autres qu'il tient pour suspects.

Enfin, en recevant le commandant intérimaire de l'armée de Rhin-et-Moselle pendant l'absence de Moreau appelé à Paris, il revient à la charge : c< Vous m'avez donné le commandement de deux armées. Le conserverai-je longtemps? Faites-le moi connaître afin que cette armée ressemble aux autres. Pichegru qui, depuis six mois, y a fait placer beaucoup de ses partisans, pourrait compter sur quelques-uns. Je ne veux point de sang; j'abhorre les mesures violentes. Il est cependant a déplorer que les circonstances forcent le gouvernement à faire grâce à ceux qui voulaient livrer notre paya à leurs plus cruels ennemis. Réfléchissez-y, Barras : la faiblesse d'un gouvernement encourage les factieux et nous n'aurions pas à déplorer les temps affreux qui viennent de s'écouler si les chefs des sections eussent suivi le maître àl'échafaud. »

Nous voilà bien loin du Hoche de 171)3, que le Comité de Salut public faisait arrêter comme traître, et de celui de 1795, si chevaleresque

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envers Sombreuil, après le désastre de Quiberon. Ses actes et ses paroles, au moment de fructidor, ne peuvent que faire regretter qu'il ne soit pas mort quelques semaines plus tôt. Sa gloire serait restée pure et sur cette physionomie glorieuse, nous ne verrions passer aucune ombre.

FO

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