AUTOUR DE HOCHE
âme de politicien. Soit qu'il ait voulu flatter les hommes au pouvoir, soit qu'il ait cru la République en péril, il se fait leur complice, à l'exemple de Bonaparte et d'Augereau. Il détache de son armée plusieurs régiments qui vont jusqu'à Soissons, prêts à répondre au premier appel du Directoire et que les réclamations du Conseil des Cinq Cents l'obligent à rappeler. En outre, les caisses du gouvernement étant vides, et pour faciliter le coup que médite Barras, il lui prête de ses deniers et de ceux de Déchaux son beau-père, une somme de 48 000 livres dont sa veuve ne sera remboursée que l'année suivante.
Le 21 fructidor, déjà mortellement atteint, il s'écriait au reçu des nouvelles du 18 :
« Docteur, mon rhume est guéri. Voilà le remède. »
Le lendemain, il écrit à Barras :
« Bravo, mon cher Directeur, mille fois bravo! Nous sommes tous ici dans l'enchantement. J'attendais votre courrier avec bien de l'impatience. Il faut une justice prompte. Songez aux maux qu'a soufferts le peuple français. Pas de faiblesse. Si vous vous conduisez ainsi qu'en vendémiaire, attendez-vous aux mêmes résultats. Dans deux ans
ce sera à recommencer. Il faudra s'occuper de l'épuration des armées. Songez que Schérer (ministre de la Guerre) ne vaut rien. Je vous offre pour le remplacer Tilly et Championnet. »
Le 27, si proche de la mort, il envoie ses félicitations aux autres Directeurs.
« Vous venez de porter le plus grand coup aux ennemis de la République, citoyen Directeur, mande-t-il à La Reveillère-Lepeaux, et de donner aux armées qui la défendent le grand exemple du dévouement et du courage ; recevez les témoignages de mon admiration et de mon zèle à seconder vos généreux efforts. Je dois vous dire que le royalisme que vous avez comprimé, dont vous avez étouffé les espérances, étendait ses ramifications perfides jusque dans nos camps. Jetez l'œil le plus sévère sur les administrations, sur les armées; vous y trouverez la foule des agents que les traîtres y avaient répandus; les demi-mesures sont intempestives et nous ramèneraient à de nouveaux dangers; frappez, ne souffrez pas que la corruption s'introduise dans nos armées et la patrie verra son plus beau triomphe dans vos derniers coups. »
Il tient à Rewbell un langage analogue :
« Votre courage a pleinement triomphé des