CHAPITRE Il
Les desiderata actuels de la récolte des organes
Du moment où la production opothérapique se faisait
en série, devenait commerciale, on ne pouvait plus se
contenter d'animaux de laboratoire où d'une entente
directe avec le boucher. Il fallait recourir au personnel
.des abattoirs. Or, la cueillette des organes à générale-
‘ment suivi une évolution péjorative, concordant avec l'augmentation de valeur des produits de plus en plus demandés. \
La comimercialisation ne :s'est point en tous lieux accordée avec l'hygiène, Pour le voir, il importe de suivre par élapes-les procédés employés pour la récolte des :
organes,
1° Les besliaux arrivaient généralement fatigués à. l'abattoir. < k É
Parqués dans les wagons mal suspendus pour se rendre à la ville où ils seront abattus, étroitement serrés les uns
contre les autres, vaguement surveillés par des accompa-
ee. s à À . même décrit chez eux un mal de chemin de fer sembla-
ble au mal de mer, quelquefois pire que lui, avec vomis-
. sements, apathie, etc. Le mal est à son maximum quand
les bestiaux sont assujettis à une longue traversée en
- mer. Serrés en des espaces étroits, enfermés dans la cale
lorsque la mer est grosse, ils sont, non seulement atteints
E de mal de mer, de naupathie, mais souffrent de ces mau- “74 vaises conditions hygiéniques au point que la mortalité y est grande. À Marseille, il est notoire que la viande de mouton venue d'Algérie n'a point la saveur du mouton provençal. Pourtant, en Algérie même, le mouton est excellent. |
Arrivés à destination, les animaux sont encore soumis
i à des fatigues inutiles. À grands renforts de cris aigus, d'aboiements de chiens et de coups de fouets, les bouviers les dirigent de la gare sur le lieu de vente, et, après
cette station, à l'abattoir, On voit souvent le soir, à Paris,
% sur les boulevards extérieurs, des troupeaux de bœufs qui viennent ainsi de la Villette pour gagner l'aballoir PA! de Montrouge. Les journaux Parisiens ont souvent pro- - À testé contre ces fatigues inutiles. KL 4 Ce n’est pas tout : quand ils descendent du train, Îles +4
animaux sont gavés de foin parce qu'on les vend au
| poids vif. Cette surcharge alimentaire et la fatigue diges-
> tive qui en résutle après les fatigues musculaires du voyage ne sont pas pour améliorer leur état sanitaire ;
.Or, le docteur Jules Reexaurr, de Toulon, rappelle
que les Chinois évitent d'employer en opothérapie, les organes d'animaux surmenés. Il est interdit notamment
dans leurs traités de thérapeutique de prélever de la cer-
velle ou de la moelle sur un cerf surmené par la chasse.
Re 12.
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Nous savons en Europe que la viande d'un animal forcé,
a mauvais goût et se gâte èn quelques heures ; il en est ,. ee ;
de mème de ses tissus nerveux.
M. Foveau DE COoURMELLE revient sur ce détail qu'il
trouve très important,
De plus, les animaux sont souvent abattus d'une façon malpropre. Ici la propreté dépend de l'ancienneté de l'abatloir, des prescriptions municipales, de la quantité d'animaux à abattre, du personnel, des surveillants, etc. - On ne saurait poser de règle fixe. Mais on peut dire que, dans les abattoirs qui datent du siècle dernier, mème: dans les abattoirs de très grandes villes — nous ne don- nons pas ici de nom — la tuerie est pratiquée dans un
cadre qui choque mème le médecin et le vétérinaire.
2° La cueillette des organes est faite sans soin, par un personnnel insoucieux el inaple à suivre les règles de l'hygiène .
Ici encore, ce que nous allons dire ne peut s'appliquer à tous les abattoirs. Les règlements, la surveillance du personnel varient suivant les villes. On peut cependant dire que la mauvaise récolte des organes provient de l'insuffisance technique du bon personnel qui fait la récolte
des glandes dans le même milieu d’une saleté repous-
sante où s'est effectué l'abattage. Au milieu des résidus de nettoyage des boyaux et des panses, parmi les déjections de l'animal, les glandes sont recueillies dans des récipients parfois ramassés dans la poubelle proche
(vieilles boîtes de conserves ou de confitures) dans les-
— AE | . quels s'accumule la crasse de plusieurs
ne pas dire de plusieurs mois.
3° La création d'intermédiaires qui se sont assurés er fait dans la plupart des villes le monopole de la vente des organes, Les commissionnaires achètent à ce bas personnel les glandes pour les revendre aux pharmaciens spécialistes. Le pharmacien doit passer par eux pour se procurer des glandes. Ces commissionnaires sont de deux sortes : les uns, anciens tueurs ayant gagné une certaine aisance par la vente de leurs sous-produits, ont commencé à récolter les glandes prélevées par des camarades;
ils cherchent par tous les moyens à développer leurs
achats et souvent s’accolent à un commissionnaire, per-.
sonnage plus important : vétérinaire ou pharmacien, médecin parfois. Le rôle de cet «industriel » est dangereux : il est le facteur principal de la hausse des prix, ex l'introducteur conscient des glandes avariées. L'un d'eux disait un jour préférer avant tout les ovaires de jumens. « qui ont beaucoup de jus », désignant ainsi les ovaires kystiques.
4° Il y a un marché d'organes avec vente el cours. Les commissionnaires, lorsqu'ils sont démunis, s'adressent aux abattoirs de province et de l'étranger : comme nombre de ceux-ci ont une production journalière insuffisante pour justifier des envois quotidiens qui seraient trop coûleux, on donne aux lueurs, des récipients en fer blanc, garnis d’un sac de conservateur, soil sel de cuisine, soit mélange composé de chlorure de sodium el d'acide borique, soit poudre de sous-nitrate de bismuth,
bicarbonate de soude et acide borique. Les organes soni