‹ Récréations mathématiques (volume 4)Chapitre 105 sur 129 · LA GRUE ET LE MONOME · texte numérisé non relu

LA GRUE ET LE MONOME

Les labyrinthes ont été l'origine d'un jeu ou d'une danse que l'on appelait la Grue, et que, de nos jours, on appelle le Monôme. A l'imitation de ces oiseaux qui volent en longues files, les danseurs se tenaient par la main et décrivaient, guidés par le conducteur du chœur, des tours et des détours rappelant les circonvolutions et les ramifications des labyrinthes. Cette danse figure sur le bouclier d'Achille. {Iliade, xviir, 596.)

Les jeux de demoiselles. ïj5

Plutarque en attribue l'invention à Thésée. Après avoir vaincu le Minotaure, Thésée passant à Délos voulut honorer Apollon par une cérémonie nouvelle. Il exécuta une danse, que les habitants de Délos ont conservée, dans laquelle on décrit des tours et des détours à l'imitation des circuits du labyrinthe. Elle s'appelait la Grue. ( Thésée, xxi.)

Le Monôme est la transformation d'un jeu d'enfants, renouvelé de la danse antique de la G?'ue. Après avoir terminé les compositions écrites pour l'admission à l'École Polytechnique, les candidats des lycées et des écoles préparatoires se réunissent, à Paris, dans le jardin du Luxembourg. Puis, sous la conduite du plus grand, ils traversent les boulevards, processionnellement, les mains placées sur les épaules du camarade qui précède. Ils se rendent ensuite dans la cour du Collège de France, oii commencent, quelques jours après, les examens oraux; arrivés là, ils y décrivent les diverses circonvolutions de la courbe représentant le résultat de la composition de Mathématiques. Cette coutume est déjà ancienne; mais on ne dit pas si les futurs polytechniciens ont voulu, en la conservant, honorer la mémoire de Descartes, l'inventeur de la Géométrie analytique.

Ces divers jeux nous conduisent tout naturellement aux problèmes suivants qui concernent les files et les promenades d'un pensionnat.

Page 1