LES JEUX DE MARELLE
HISTORIQUE
LE S anciens ont connu trois sortes de jeux^ dont la tliéorie appartient aux Mathe'matiques : les uns, tels que les jeux dt Dés^ d'OsseletSy etc., sont des jeux de hasard, et leur théorie repose sur le Calcul des probabiUtés. Platon (*) attribue leur invention au dieu égyptien Theut, tandis qu'Hérodote en fait remonter l'origine aux Lydiens qui, pendant une longue et cruelle disette, imaginèrent la plupart des jeux pour tromper les souffrances de la faim. D'autres, que les Grecs appelaient jeux dQpessos, tels que la Marelle, la Pettie, et en général les divers jeux de combinaisons dont les transformations successives ont
(*) « J'ai entendu dire qu'aux environs de Naucratis d'Egypte exista un des plus anciens dieux, celui auquel est consacré l'oiseau qu'on appelle Ibis; que son nom est Theut, et que le premier il avait découvert le Nombre, le Calcul, la Géométrie, l'Astronomie, les Dames et les Dés. »
Platon, Phèdre.
j6 Troisième récréation.
dû donner naissance aux jeux dQ dames et à' échecs y ne dépendent pas du hasard, mais seulement du nombre et de la position; ils étaient déjà connus à l'époque des premiers calculs astronomiques des Egyptiens. Nous avons donné plus haut quelques indications sur l'origine du jeu de dames. Ces jeux apparaissaient souvent sur les tombeaux avec une signification symbolique; tantôt ils exprimaient le côté aléatoire de la vie humaine, tantôt le bonheur parfait des sages et des justes dans l'autre monde. Ainsi encore, d'après une antique tradition, Hérodote nous montre aux enfers le roi Rhampsinite jouant aux dames avec Gérés.
Enfin, les anciens connaissaient d'autres jeux tenant à la fois du hasard et des combinaisons, comme le jeu de tric-trac que les Romains appelaient Ludus duodecim scriptorum ou Jeu des dou^e lignes. Il paraît avoir été connu en Perse à une époque extrêmement reculée; on l'appelait Nerd^ du nom d'un petit cylindre allongé ayant la forme de la tour des échecs. Dans son traité des ^leux orientaux^ HyJe rapporte, en efï'et, que les peuples de l'Asie ont l'habitude de se servir de pièces cylindriques tenant lieu de nos dames. D'autre part, Plutarque nous apprend que Parysatis^ mère d'Artaxerxès, était très habile à ce jeu.