LA MARELLE TRIPLE
Nous avons vu plus haut que le jeu delà marelle était et est eni:ore très répandu dans tout l'Orient; la seule différence qui puisse exister chez les divers peuples consiste dans la disposition et le nombre des lignes, des cases et des jetons. Ainsi, dans la marelle triple (/7^. 2 3), on compte vingt-quatre cases; chacun des
Fig. 23.
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La Marelle triple.
joueurs prend neuf pions, et les place alternativement, comme dans le jeu ordinaire. Lorsque tous les pions sont posés, chacun des joueurs, à tour de rôle, peut les déplacer sur une case immédiatement voisine, à la condition de suivre l'une des lignes tracées sur la figure. Le but est d'amener trois pions sur une même ligne; lorsque l'un des joueurs y parvient, il prend un pion à son choix dans le jeu de son adversaire et la partie continue. Quand l'un des joueurs n'a plus que quatre pions, il peut leur faire franchir, sur une même ligne droite, la station intermédiaire inoccupée. Aussitôt que l'un des joueurs n'a plus que deux pions, il perd la partie.
Le Jeu national, que l'on trouve actuellement chez les marchands de jouets et d'images, ne diffère du précédent que par la
suppression des lignes diagonales aboutissant aux quatre coins du carré. Les règles du jeu restent les mêmes.
La marelle triple se joue beaucoup dans le royaume de Pologne, en Ukraine, en Podolie et en Wolhynie, sous le nom de Mlynek^ ou, en français, le Jeu des Moulins. Il existe encore dans ces pays un jeu fort répandu et pratiqué surtout par les paysans, sous le nom de Wisielec ou le Jeu des Pendus. Ce jeu revient à celui de la marelle simple, avec cette différence que l'on peut déplacer un pion quelconque, sans qu'il soit nécessaire de suivre l'une des lignes du tableau (fig. 22). Dans ce cas, la partie serait toujours nulle, à moins de remporter la victoire soit par la fatigue, soit par Tinattention de l'adversaire. Nous devons ces renseignements à MM. Marquiset et Mokronoski.