‹ Récréations mathématiques (volume 4)Chapitre 52 sur 129 · LA PETTIE DES GRECS · texte numérisé non relu

LA PETTIE DES GRECS

La Pettie est une des nombreuses modifications de la marelle; elle est souvent citée dans les ouvrages de Platon, d'Aristote, de Sophocle, de Plutarque^ etc. Bien qu'elle ait été fort goûtée des Grecs, on ne sait pas encore exactement ni la forme de son tablier, ni les règles du jeu. Peut-être sera-t-on fixé plus tard d'une façon beaucoup plus précise, si l'on retrouve une antique table de pettie, et surtout la table même de Palamède qu'on disait avoir été conservée à Troie et transportée à Argos. Quoi qu'il en soit, nous indiquerons, d'après plusieurs ouvrages modernes (^), quelques renseignements qui permettent sinon de reconstituer ce jeu, du moins d'en donner une idée suffisante.

La pettie est représentée dans la fig. 2 5 ; elle est formée de vingt-quatre cases. La partie se joue à deux, au moyen de cinq

(^) Christie, An inquiry into the game invented by Palamède. London, 1801. — Becq de Fouquières, Les jeux des anciens^ leur description^ leur origine, leurs rapports avec la religion y ïkistoire, les arts et les mœurs. Paiis, 1869. — C'est à ce dernier ouvrage, fort intéressant, que nous avons emprunié la plupart des renseignements historiques contenus dans cette récréation.

y roisième récréation.

pions blancs et de cinq pions noirs. Au début de la partie, les cinq pions sont posés de chaque côté sur les lignes supérieure et inférieure. Le premier joueur désigné par le sort , ou par le gain d'une partie précédente, avance l'un de ses pions sur la case voisine, en suivant une ligne de la figure. Puis, chaque joueur déplace successivement l'un de ses pions, en avançant

Fiiî. 25.

La Pcttie des Grecs.

vers Tennemi, ou en se déplaçant latéralement, mais sans jamais reculer. Le but du jeu est d'enfermer une pièce de l'adversaire, de manière qu'elle ne puisse plus bouger; dans ce cas, le joueur qui entoure un ou plusieurs pions de l'adversaire, les enlève du damier et pousse un autre pion. Telle est la restitution, d'après les auteurs que nous avons cités, du jeu de la pettie. Cependant nous devons faire observer que le jeu nous paraît plus intéressant et plus en rapport avec les textes qui ont été conservés, lorsque l'on suppose que les joueurs ont la faculté de reculer devant l'attaque de l'adversaire; sans cette hypothèse, le second joueur pourrait toujours jouer de manière à

Les jeux de marelle.

annuler toutes les parties après le neuvième coup, comme il est assez facile de le faire voir.

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