LE RENARD ET LA POULE
Le Jeu du Renard et de la Poule, que nous représentons dans àjig. 26, est une transformation de la marelle et de la pettie;
Fia. 26.
Le Renard et la Poule.
on l'obtient par la juxtaposiiion de cinq marelles simples. On observera, d'ailleurs, que la disposition des cases est exactement semblable à celle des trente- trois cases du jeu du solitaire que l'on rencontre fréquemment en Allemagne; pour obtenir la figure du solitaire, il suffirait de supprimer les lignes diagonales. Ce jeu était très goûté à la fin du xvn° siècle; nous
empruntons la description et la méthode d'y jouer à l'auteur anonyme de la Maison des Jeux académiques :
Fortune, icy bas tourne-boule, Tourne choses par le hasard :
Parfois le Henard prend la Poule, La Poule parfois le Renard.
« Les Lydiens, peuple d'Asie, entre plusieurs jeux qu'ils inventèrent, donnèrent l'origine et l'usage à celui du renard, non tant pour le désir qu'ils eussent de le louer, que pour se façonner aux ruses et se garder des surprises que Cyrus. leur ennemi capital, leur dressait tous les jours, lequel les appelait Poules, à cause qu'ils aimaient les délices et le repos; et iceux Lydiens le nommaient Re7iard^ à cause qu'il était sans cesse aux aguets, et qu'il cherchait incessamment des finesses pour les surprendre. Ce jeu est ingénieux et récréatif, facile à pratiquer; on le joue sur une figure semblable à celle qui est portraite; il s'en fait de diverses étoffes, mais celle-ci n'est de grands frais et peut servir autant qu'une autre. On y joue avec des dames ou jetons, à faute d'avoir des poules de bois et d'ivoire, en nombre de treize, posées sur treize rosettes ou espaces dont cette table est composée ; les poules sont en la partie d'en bas, et le renard est en la partie d'en haut, qui consiste en vingt rosettes ou espaces, et vous placez en l'une d'icelles le renard à discrétion, qui peut monter et descendre, aller et venir au haut et bas, à droit et travers. Les poules ne peuvent monter que de bas en haut, et ne doivent redescendre; le joueur ne doit laisser les poules découvertes, ou seules, non plus qu'au jeu de dames. La finesse de ce jeu est de bien poursuivre le renard, et l'enfermer en telle sorte qu'il ne puisse aller deçà ni delà. Et est à noter que le renard
Les jeux de marelle. 8q
prend toutes les poules qui sont seules et découvertes. Enfin il se faut donner garde de laisser venir le renard dans la partie d'en bas parmi les poules, pour autant qu'il les pourrait plus facilement prendre. L'exercice peut beaucoup en ce jeu, et à force de jouer on s'y rend bien maître. Les bons joueurs démarent les poules premier que le renard; celui qui a les poules ne doit permettre, s'il peut, qu'on démare le renard le premier, car cela